La monarchie constitutionnelle concentre le pouvoir dans les mains des premiers ministres au Canada. Le premier ministre du Québec est le chef de son parti, le chef du gouvernement, le chef du Parlement, le chef de l’administration. Sa décision est finale au Conseil des ministres. Il convoque et dissout l’Assemblée nationale comme il l’entend. Dans un cadre limite de cinq ans, il fixe la date générale des élections à sa discrétion. Il détermine la date des élections complémentaires. Il nomme et révoque les ministres et les sous-ministres, le secrétaire général du gouvernement, le leader, le whip et le secrétaire général de l’Assemblée nationale. Il nomme les juges de la cour du Québec, le directeur de la Sureté du Québec et le chef de la Police de Montréal, les dirigeants des sociétés d’État, de commissions, de comités de tous genres. Il « propose » à, l’Assemblée nationale, le directeur général des élections, le Protecteur du citoyen, le Vérificateur général, le président de la Commission d’accès aux documents des organismes publics. Il prépare et livre le discours inaugural (politique d’ensemble du gouvernement), détermine l’agenda gouvernemental, préside le Comité interministériel des priorités, répond en priorité aux questions à l’Assemblée nationale. Enfin, il possède, seul, le pouvoir de modifier la constitution qu’il partage avec les autres premiers ministres. La monarchie constitutionnelle établit donc un régime primo-ministériel (qui concentre les pouvoirs dans les mains du premier ministre). Elle institue la domination de l’exécutif sur le parlement. Le régime parlementaire à la britannique entraîne le mélange des genres et la confusion entre le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. Cette distribution des pouvoirs découle de la logique de la souveraineté royale et se définit contre la souveraineté populaire.
*Le paragraphe suivant est largement repris de André Larocque, Au pouvoir citoyens!, Éditions BLG, 2006, p. 50-51