par Contribution individuelle
Les objectifs de l’éducation : une introduction
L’éducation est le processus par lequel une société se perpétue, puisqu’elle transmet les connaissances historiques, culturelles, linguistiques, sociales et politiques nécessaires à sa continuité et à sa cohérence. L’école est l’institution qui permet de tisser le lien social en formant les futurs citoyens. La formation du citoyen dans la civilisation occidentale se veut répondre à l’idéal de la modernité qui pose le développement de la raison, de la réflexivité critique, comme fondement de la souveraineté populaire. C’est pourquoi elle se doit d’être le lieu commun à toute la société et par conséquent d’être publique, accessible à tous et obligatoire jusqu’à un certain stade. Voici donc une réflexion personnelle qui débouche en fin de document à des propositions concrètes pour permettre à l’éducation d’atteindre ce double objectif social et politique qui est de former le citoyen à la libre pensée critique en lui transmettant les connaissances nécessaires à sa compréhension de la société dans laquelle il vit.
Éducation secondaire
L’éducation secondaire doit servir à introduire l’étudiant à la citoyenneté, en lui permettant de développer les connaissances de base du fonctionnement des institutions publiques, de ses droits, ses responsabilités et devoirs en tant que futur citoyen. Une telle éducation devra mettre l’accent sur l’importance d’une citoyenneté active de par l’implication sociale, communautaire et politique et valoriser la place du citoyen dans la société.
Éducation collégiale
Le Cégep doit poursuivre cette initiation à la citoyenneté en approfondissant la réflexion du citoyen, de par les cours de philosophie déjà existants, mais également par des cours mettant à contribution la pensée de l’étudiant sur des problématiques de société. Il serait également possible d’orienter les cours de philosophie vers ces problématiques afin de raccrocher les étudiants à la philosophie. En tous les cas, l’étudiant à la technique comme dans le secteur pré universitaire doit avoir acquis à la fin de sa formation les connaissances lui permettant de s’orienter dans la société afin d’exercer une citoyenneté active qui permet le plein exercice de la démocratie participative.
Quelques problèmes posés par la formation citoyenne
L’autonomie du cursus universitaire selon la division des programmes en départements et facultés peut poser problème pour la continuation de l’objectif qu’est le développement de la citoyenneté une fois rendu à l’université. Faudrait-il rendre des cours relatifs à de telles exigences obligatoires même dans les programmes davantage techniques tels le génie et l’administration? Devrait-on rendre à l’université sa vocation humaniste en retirant de l’université les programmes techniques pour les reléguer au niveau collégial, quitte à allonger la formation technique au cégep? En Allemagne, l’université a conservé sa vocation classique et deux autres écoles de métier existent afin que l’éducation publique prenne en charge la formation des travailleurs. Il est nécessaire de continuer à former des travailleurs aux niveaux de l’enseignement postsecondaire. Il est une question de justice sociale d’assurer aux citoyens la possibilité d’une ascension sociale par le travail que permet une éducation professionnelle et technique. Néanmoins, ces futurs travailleurs doivent demeurer des citoyens à part entière et reçoivent une éducation citoyenne. L’éducation citoyenne acquise au cégep est-elle suffisante? La majorité légale s’établissant à 18 ans, on peut estimer qu’un vrai citoyen devrait, à tout le moins, avoir obtenu un DEC avec les cours de formation à la citoyenneté que la branche pré-universitaire et la branche technique ont en commun. Dès lors, il faudrait établir la majorité réelle à la fin du DEC qui prend de 2 à 3 ans. Cela semble poser problème et il faudra donc faire preuve d’élasticité afin de s’assurer que l’âge de la majorité légale demeure universel pour tous les membres de la société. Toutefois, on peut dégager de ces quelques observations que les études collégiales devraient être obligatoires pour tous les citoyens. À moins que la formation secondaire soit adéquate à former des citoyens dès l’âge de 12 ans en première année jusqu’à l’âge de 17 ans, auquel cas le citoyen légalement majeur atteignant l’âge de 18 ans ait atteint la majorité réelle de par une formation à la citoyenneté complète. Dans ce cas, le tronc commun de cours obligatoires au cégep peut-il être remis en question?
Afin de démêler les cartes, voici quelques options envisageables :
1) Éducation à la citoyenneté complétée lors des études secondaires
Un cursus scolaire modifié afin de faire place à une formation complète. On oriente les cours vers cette préoccupation de développement de l’esprit critique et de la transmission de la culture commune en introduisant des cours plus proprement attachés à cette tâche tels les cours d’introduction au droit et à la citoyenneté, les cours sur le fonctionnement des institutions politiques, etc. L’étudiant termine ses études à l’âge de 17 ou 18 ans et obtient la majorité politique à 18 ans.
2) Éducation à la citoyenneté complétée lors des études collégiales
Les étudiants à la technique et les étudiants pré-universitaires ont un tronc de cours communs portant sur la citoyenneté. La formation est donc obligatoire comme pour l’école secondaire. La majorité légale est atteinte à l’âge de 19 ans, peu importe le secteur ou l’avancement des études. Il faut garder en tête qu’on se saurait créer des classes de citoyens sur la base de leur formation. Il faut donc faire preuve de souplesse et composer avec l’idée que ces gens en fin de parcours sont déjà plus qu’apte à prendre des décisions politiques responsables.
3) Des écoles de métiers supérieures et des universités classiques
Le reste de la formation est poursuivie sur une base volontaire et mène à l’obtention d’un métier ou d’études supérieures classiques. Dans ce cadre, la formation technique est plus longue que la formation pré-universitaire, car elle mène à se spécialiser davantage ou à entrer directement sur le marché du travail. Ce scénario suppose des écoles de métier supérieures et des universités. À cet âge, le citoyen a la liberté de choisir son plan de vie tout en ayant les outils lui permettant de remplir adéquatement ses devoirs de citoyen et de connaître ses droits. Il peut donc choisir à sa guise d’approfondir ses connaissances par la recherche libre des influences de l’industrie ou des pressions de la société par le biais de l’Université ou d’approfondir ses connaissances et ses compétences dans un secteur de métier en particulier.
4) Une université mixte
Si nous conservons une université comprenant des formations très techniques, arrimées aux besoins de l’industrie et du marché, comment s’assurer que l’autonomie et la liberté de recherche et d’enseignement soient préservées? Comment renverser la tendance au Québec ou l’université est de plus en plus considéré comme un rouage de la société qui doit s’adapter aux impératifs économiques de l’industrie? Est-ce possible ou même souhaitable de rendre un secteur comme l’administration autonome face au marché du travail? Après tout, une telle formation ne vise-t-elle pas justement à former des administrateurs et donc des travailleurs? Or, l’instance responsable de la formation des travailleurs ne devrait-elle pas être réceptive aux besoins des employeurs afin d’offrir une formation qui permet aux employés de bien connaître le domaine dans lequel ils iront étudier? Si tout cela est vrai, comment faire cohabiter de tels secteurs avec les humanités et la science fondamentale qui ont pour but de découvrir de nouveaux savoirs théoriques, de nouvelles vérités sur le monde, la société, l’individu, ce qui requiert une liberté de penser et de recherche qui ne peut concorder avec quelques pressions extérieurs que ce soit?
En tous les cas, voici ce qu’il faut conserver de l’université afin de sauvegarder sa raison d’être. Voici les limites ou les exigences de la formation de travailleurs dans une société ne doivent pas empiéter sur le développement de l’autonomie critique, de la recherche fondamentale et de la transmission d’un savoir théorique approfondi. D’une part, nous devons mettre un frein à la transformation de la gouvernance des universités qui place à la tête des conseils d’administration 60% d’administrateurs « indépendants » en provenance des milieux d’affaire. L’orientation du budget, la nomination du recteur et nombre d’autres responsabilités sont imputés à ces administrateurs. Or, afin de conserver l’autonomie des universités des pressions extérieures, la communauté universitaire (professeurs, chargés de cours, étudiants) doit conserver une place prépondérante au sein de cette instance qui constitue, avec le conseil universitaire responsable des affaires académiques, la tête de l’université. Il faudra également préserver la direction universitaire actuelle de sa propre folie, car beaucoup d’universités ont adoptés d’elles-mêmes des réformes préparant le terrain au projet de loi 38. À l’Université Laval, un comité a été formé afin de fournir au CA un rapport qui recommandait de mettre fin au bicaméralisme en éliminant le CU. De cette façon, le seul CA se retrouverait avec tous les pouvoirs, même ceux d’adopter de nouveaux programmes ou d’en supprimer. Or, avec 60% d’administrateurs indépendants qui ne connaissent rien à l’éducation et qui ne sont pas vraiment indépendants, car ils ont tous des intérêts à faire de nos université des rouages de l’économie, s’en est fini de l’idéal de la modernité qui donne sa raison d’être à l’université classique. À Sherbrooke, on interdit aux étudiants d’assister aux séances du CA et du CA portant sur les frais de scolarité sous prétexte qu’ils sont en conflit d’intérêt. Or, c’est cette logique qui justifie l’introduction d’administrateurs indépendants dans les CA des universités. C’est une logique pernicieuse de laquelle nous devons nous prémunir car elle menace le caractère de collégialité et d’autonomie des universités. Le gouvernement du Québec s’est introduit de force dans la gouvernance de l’université et nous devons nous en retirer. Déjà à l’Université de Montréal, des représentants d’Air Transat, de Couche-tard, de Métro et de la Banque Nationale siègent à la tête des universités. Ils achètent leur billet d’entrée par la philanthropie en promettant des augmentations de salaires et des parachutes dorés aux recteurs chargés de représenter la communauté universitaire dans la société. Or, ce n’est plus la communauté universitaire qui nomme le recteur, mais des hommes d’affaires qui ont un droit de veto dans le CA de l’université. Il faudra donc, afin de permettre cette autonomie universitaire, dénoncer les pratiques du gouvernement actuel et de la haute direction des universités. Si nous avons à intervenir dans l’université, ce doit strictement être afin de permettre à nouveau à la communauté universitaire de décider elle-même, parmi ses membres, qui elle veut voir se retrouver à la tête des universités. Cette action est légitime dans la mesure où les réformes adoptées par les universités l’ont été sous la pression du gouvernement qui a lui-même rompu l’autonomie universitaire. Remettre les pendules à l’heure constituerait donc un retrait définitif du gouvernement dans les décisions de l’université.
Une autre façon de légiférer afin de permettre une totale autonomie aux universités sera de lui assurer un financement public dont il disposera à sa guise. Au cours des 20 dernières années, la portion du financement privé s’est vu augmenter avec les différentes hausses de droit de scolarité. Il faut renverser la tendance et mettre fin au règne de la philanthropie et du financement privé, car elle sert directement à faire des pressions auprès des facultés et de la direction universitaire. Un financement public ne devra pas servir à faire de telles pressions, ni en menaçant de se retirer, ni en exigeant des plans de redressement ou des coupures budgétaires de la part des universités. La communauté universitaire est, encore une fois, la mieux placée pour connaître ses besoins et se donner une direction.
D’un autre côté, afin de répondre aux besoins des étudiants soucieux de se trouver un travail, il est évident que des services à cet effet tels un service de placement demeure nécessaire. Enfin, il serait possible de mettre en place une taxe progressive sur la main d’œuvre des entreprises servant directement à financer l’éducation postsecondaire afin de répondre aux besoins de la formation de main d’œuvre sans pour autant compromettre l’autonomie des université. Une telle taxe existe dans le secteur de la santé et porte le nom du Fond de Services de Santé. La CADEUL propose le FSSEP, le Fond de Services de Santé et d’Éducation Postsecondaire. Une telle taxe touche peu les PME car elle est progressive et est une réponse adéquate au sous-financement des universités.1 De plus, elle assure un financement stable à l’inverse de dons ponctuels de philanthropes. Enfin, elle oblige les industries à contribuer de façon équitable au financement d’une éducation dont elle tire des avantages substantiels.
En définitive, c’est ainsi que nous pourrons assurer la cohabitation des deux objectifs poursuivis par l’éducation dans l’université, c’est-à-dire la formation des travailleurs afin de permettre à tous une mobilité sociale et le développement de la réflexion critique et de la recherche fondamentale.
Encore quelques mots sur le financement
Bien entendue, une telle éducation nécessite un financement adéquat pour demeurer accessible pour tous et pour répondre aux objectifs qu’elle entend rencontrer. Mais ce doit également être autre choses qu’un mal-financement. Par conséquent, il doit servir à assurer un nombre de professeurs optimal à tous les niveaux, car il n’y a pas de secret à la pédagogie : il s’agit d’un travail qui unit élève et professeur. L’idée d’un enseignement sans enseignant dont les cours à distance et la propagation des supports audiovisuels dans des classes surchargées est donc à proscrire, de même que la généralisation des chargés de cours dans les classes pour prendre la place de professeurs occupant le plus clair de leur temps à remplir des demandes de financement pour la recherche. Les sommes considérables dépensées en augmentation de salaire et en embauche pour les administrateurs et les cadres supérieurs qui n’enseignent rien aux étudiants ne sauraient leur insuffler la passion du savoir. De la même façon, la recherche libre des pressions extérieures afin de dégager de nouveaux savoirs qui ne soient pas biaisés ne doit pas être financée par l’industrie ou par des lobbys. De plus, il est primordial de conserver l’autonomie des universités afin que le financement de l’État puisse être utilisé par la communauté universitaire de la façon dont elle juge la plus appropriée. Car ce sont les chercheurs, les professeurs et les étudiants qui savent le mieux ce dont ils ont besoin pour progresser vers de nouveaux savoirs.
En conclusion
Ce texte avait pour but de centrer l’éducation sur sa finalité, soit la transmission d’une culture commune permettant l’existence d’une communauté politique et la formation du citoyen par le développement d’une capacité de réflexion critique. Cette éducation s’inscrit dans l’idéal de la modernité dans le souci de fonder la souveraineté populaire sur les lumières du citoyen. Cette mission qui a historiquement appartenu à l’université ne saurait s’y limiter avec la volonté de la démocratisation de l’éducation. Si l’université doit demeurer un lieu privilégié à cet égard, il n’en demeure pas moins que la formation du citoyen ne peut débuter après l’atteinte de la majorité légale à l’âge de 18 ans. C’est pourquoi il est proposé de débuter cette formation lors des études secondaires et de possiblement la compléter au cégep. Une autre préoccupation fut d’assurer l’autonomie universitaire qui est présentement mise en danger par le gouvernement. À cet égard, deux scénarios ont été posés. Le premier redonne à l’université sa vocation classique, humaniste et relègue à la société le soin de former les travailleurs afin de se préserver des intrusions du secteur privé. Le but n’est pas de créer deux classes de citoyens. L’État encadrera les écoles de métier afin de permettre à tous une ascension sociale et un épanouissement personnel tout aussi enviable que celui qu’on pourra retrouver à l’université. Cette approche tient compte de la liberté et de l’autonomie individuelle du citoyen et reconnaît le droit à tous de choisir leur plan de vie. L’autre scénario envisagé pose une série de mesures afin de mettre un terme à l’emprise de l’industrie et de la société sur nos universités. Ces mesures visent à assurer l’autonomie nécessaire à l’université tout en permettant à celle-ci de répondre aux besoins de la main d’œuvre. J’ai tâché d’offrir un éventail de possibilités afin de nourrir les débats au sein du parti. Toutes les propositions suivantes ne sont pas conciliables, mais devraient être ramenées afin d’avoir un tableau détaillé des idées qui ont été exposées dans ce texte.
Proposition #1
L’éducation doit être appréhendée comme un processus de transmission de connaissances communes ayant pour but de tisser le lien social et de former les citoyens à l’exercice de la liberté de pensée nécessaire afin de fonder la souveraineté populaire. Par conséquent, elle se doit d’être publique et obligatoire jusqu’à l’obtention de la majorité.
Proposition #2
L’éducation secondaire doit servir à introduire l’étudiant à la citoyenneté, en lui permettant de développer les connaissances de base du fonctionnement des institutions publiques, de ses droits, ses responsabilités et devoirs en tant que futur citoyen. Une telle éducation devra mettre l’accent sur l’importance d’une citoyenneté active de par l’implication sociale, communautaire et politique et valoriser la place du citoyen dans la société.
Proposition #3
Le Cégep doit poursuivre cette initiation à la citoyenneté en approfondissant la réflexion du citoyen, de par les cours de philosophie déjà existants, mais également par des cours mettant à contribution la pensée de l’étudiant sur des problématiques de société. L’étudiant à la technique comme dans le secteur pré-universitaire doit avoir acquis à la fin de sa formation les connaissances lui permettant de s’orienter dans la société afin d’exercer une citoyenneté active qui permet le plein exercice de la démocratie participative.
Proposition #4
L’éducation doit prendre en charge la formation de travailleurs aux niveaux de l’enseignement postsecondaire afin d’assurer aux citoyens la possibilité d’une ascension sociale par le travail que permet une éducation professionnelle et technique. Néanmoins, ces futurs travailleurs doivent demeurer des citoyens à part entière et, par conséquent, doivent recevoir une éducation citoyenne.
Proposition #5
L’éducation à la citoyenneté doit être complétée lors des études secondaires afin de permettre à l’étudiant majeur à l’âge de 18 ans d’exercer ses libertés politiques de façon complète. Par conséquent, le parcours scolaire actuel doit être modifier afin d’y intégrer des cours plus proprement attachés à cette tâche tels les cours d’introduction au droit et à la citoyenneté, les cours sur le fonctionnement des institutions politiques.
Proposition #6
L’éducation à la citoyenneté doit être complétée lors des études collégiales afin de laisser plus de place à la formation actuelle lors des études secondaires. Par conséquent, les étudiants à la technique et les étudiants pré-universitaires devraient avoir un tronc de cours communs portant sur la citoyenneté. La formation est donc obligatoire comme pour l’école secondaire. Néanmoins, la majorité légale demeure fixe pour tous les individus. La majorité politique doit concorder avec la majorité légale, mais il ne faut pas créer deux classes de citoyens parce qu’une formation technique est plus longue qu’une formation pré-universitaire.
Proposition #7
L’atteinte de la majorité politique fait du citoyen un individu pleinement libre de choisir son plan de vie. Par conséquent, la formation supérieure doit demeurer accessible et répondre à la volonté du citoyen d’approfondir ou non ses connaissances ou ses compétences dans le cadre d’études supérieures.
Proposition #8
L’éducation supérieure dont nous désirons nous doter doit permettre aux universités de demeurer autonomes des intérêts économiques et des pressions sociales afin de favoriser le développement d’une recherche libre ayant pour but la découverte de nouveaux savoirs et le développement d’une réflexion critique dans les différents domaines propres aux études classiques.
Proposition #9
Mettre en place des écoles de métiers supérieures et des universités classiques afin de permettre à l’université de répondre aux objectifs posés dans la proposition #8 tout en répondant aux préoccupations économiques et sociales de la formation des travailleurs.
Proposition #10
Conjuguer dans nos universités le double objectif de la formation des travailleurs et de l’autonomie universitaire que nécessite la recherche libre en vue de l’approfondissement des savoirs fondamentaux. Pour ce faire :
a) Mettre fin au projet de nouvelle gouvernance des universités amorcée par le gouvernement actuel et par certains hauts dirigeants de la communauté universitaire;
b) Assurer un financement public et stable aux universités avec l’objectif de mettre fin aux politiques des gouvernements se succédant depuis 20 ans qui avaient pour but d’influencer indirectement les orientations de l’université par des coupures ou des compressions budgétaires dans nos universités.
c) Renverser la tendance inscrite dans le dernier budget du gouvernement et mettre fin au règne de la philanthropie et du financement privé, car elle sert directement à faire des pressions auprès des facultés et de la direction universitaire;
d) Mettre en place un service de placement efficace afin de permettre aux étudiants soucieux de se trouver un emploi de pouvoir être mis en contact avec les employeurs qui satisfont ses besoins et de développer des outils leur permettant de bien se « vendre » sur le marché du travail.
e) Mettre en place un Fond de Services de Santé et d’Éducation Postsecondaire (FSSEP) ayant pour but de faire contribuer équitablement les entreprises au financement de l’éducation postsecondaire via une taxe progressive sur la main d’œuvre afin de compenser pour les avantages que celles-ci retirent de la formation universitaire de travailleurs qualifiés.
Proposition #11
Afin d’assurer à tous les étudiants une éducation de qualité, le financement de l’éducation doit servir prioritairement à assurer un nombre optimal de professeurs dont l’enseignement est la priorité, car l’effort de transmission de la connaissance est d’abord un travail qui s’accomplit dans un rapport privilégié entre l’étudiant et son maître.
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