par Cercle décroissant
Cercle décroissant sur l’éducation
tenu par le collectif Décroissance conviviale le 13 juillet 2011
Proposition 1 : une éducation préparant à plus d’autonomie et à moins de surproduction
Dans toute société, le système d’éducation constitue un instrument de cohésion et de continuité. Dans notre société fondée sur une croissance économique en constante augmentation, le système d’éducation forme des gens qui pourront contribuer à la production et à la consommation. Or les limites de la planète nous signifient clairement que notre monde doit changer le plus rapidement possible. Nous devons passer à un système d’éducation qui préparera les jeunes à vivre autrement : à moins dépendre des technologies énergivores pour répondre à leurs besoins, à développer des moyens collectifs de s’épanouir, à consommer plus sobrement, en somme à trouver un mode de vie compatible avec l’avenir de l’humanité. En conséquence il faudrait revoir tout notre système d’éducation pour l’orienter vers le bien-vivre et le bien commun, au lieu qu’il offre une préparation au « produire beaucoup ». Cela sera possible :
en favorisant la culture générale (histoire, philosophie, littérature, musique…)
en donnant une formation dans les arts pratiques : jardinage, cuisine, menuiserie, couture…
en inculquant à tous les niveaux d’enseignement le respect nécessaire de la nature comme base d’une bonne connaissance de l’écologie
en développant les capacités à fonctionner en démocratie : l’expression orale, la prise de décision, la connaissance du système politique, etc.
Proposition 2 : valoriser la profession d’enseignant-e
À la base de l’enseignement, il y a les enseignants. Sauf aux plus hauts niveaux du système, la profession d’enseignant est actuellement dévalorisée. Il faut redonner aux enseignants des conditions de travail qui tiennent compte de l’importance et de la difficulté de leur tâche. Nous proposons :
de prendre des dispositions pour rehausser le statut d’enseignant pour qu’il atteigne celui des autres professionnels (salaire, niveau d’études, etc.)
de donner plus de place aux enseignants dans l’organisation de leur travail en diminuant l’importance du ministère de l’Éducation et des commissions scolaires, et en confiant la gestion de l’école à un conseil d’établissement comprenant enseignants, direction, parents et élèves;
de donner plus de place à la communauté dans l’école, en facilitant la participation de bénévoles (par exemple les personnes âgées) à diverses activités ;
de prévoir pour tout enseignant une année sabbatique après chaque période d’enseignement de quatre ans;
de diminuer progressivement le ratio élèves-professeur et de fournir aux écoles plus de ressources spécialisées.
Proposition 3 : réduire l’empreinte écologique des écoles
Les institutions d’enseignement sont des lieux d’apprentissage mais aussi des lieux de vie; dans la conjoncture actuelle, il serait important qu’en même temps qu’elles donnent une bonne formation en écologie, elles diminuent le plus possible leur empreinte écologique. En conséquence :
aux niveaux primaire et secondaire, les institutions devraient être de petite taille et ainsi être plus accessibles, permettant d’éviter la nécessité de transports motorisés;
chaque établissement devrait avoir un large espace vert avec un lieu de compostage et un potager pour initier les élèves à l’agriculture urbaine;
les cafétérias devraient servir des mets végétariens dans de la vaisselle réutilisable;
les nouvelles constructions devraient incorporer des mesures d’économie d’énergie (chauffage passif, chauffe-eau solaire, récupération d’eau, etc.).
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