par Cercle décroissant
Complément au Cercle citoyen sur l’éducation
tenu par le collectif Décroissance conviviale le 13 juillet 2011
Un service civil pour les jeunes
Un tel service pourrait fournir à un grand nombre de jeunes la possibilité de vivre, à une période déterminante de leur vie, en dehors de la logique du système actuel, où le travail salarié devient l’occupation principale. Ils auraient l’occasion :
de maîtriser des apprentissages qui les aident à devenir plus autonomes;
de développer leur sens de la convivialité et leurs capacités de vivre de façon plus communautaire;
d’apprendre les fondements d’une vie saine qui leur permette une bonne santé;
d’agir concrètement pour l’amélioration de la société et la sauvegarde de l’environnement.
Ce serait une alternative intéressante à l’armée, qui offre actuellement une voie dorée aux jeunes qui veulent vivre des expériences nouvelles et qui en même temps se voient offrir la possibilité de faire payer toutes leurs études en échange d’une formation militaire.
La proposition n’est pas originale, car un tel service existe sous diverses formes dans plusieurs pays. Ainsi, en Europe on trouve le Service volontaire européen (SVE); c’est un programme pour les jeunes Européens de 18 à 30 ans qui permet de financer en totalité un volontariat de 3 mois à 1 an dans une association d’un pays d’Europe. Les AmiEs de la Terre de Québec ont, pour leur part, revendiqué il y a quelques années un service civil qui prendrait la forme suivante :
« Nous préconisons un service civil volontaire parce que nous croyons que contraindre les jeunes à un tel service constitue un acte de violence. Comme par ailleurs nous pensons qu’il serait important que le plus grand nombre possible de jeunes fassent leur service civil, il s’agirait de rendre cette activité si intéressante et si attrayante que la plupart des jeunes s’y inscrivent allègrement. La formation qui y serait dispensée pourrait avoir une valeur telle que le service civil volontaire deviendrait un atout important dans le curriculum vitae des candidats aux études supérieures ou aux yeux des employeurs éventuels. […]
« Entre 18 et 20 ans, les jeunes pourraient se présenter à un bureau de recrutement où on les orienterait selon leurs goûts et en tenant compte de leur état de santé. Le service ne pourrait refuser personne. Les jeunes pourraient choisir de débuter leur année de service n’importe quand entre leur 18e et leur 20e anniversaire. Cette fourchette d’âge assurerait une grande homogénéité et le choix du moment où commencer permettrait aux jeunes de terminer leurs études collégiales ou de mener à bien leurs autres projets. Pendant cette année, ils seraient nourris, logés, habillés et formés gratuitement. »
Pour qu’un tel programme ait un impact significatif, il devrait rejoindre beaucoup de jeunes le plus rapidement possible. Pensons à l’effet qu’aurait sur l’avenir du Québec les cohortes de jeunes ayant vécu une année complète avec d’autres jeunes provenant de divers milieux socio-économiques et géographiques, ruraux-urbains, d’origine raciale diverse, etc.
La formation donnée comprendrait des stages pratiques et des cours théoriques.
Au plan pratique, les jeunes contribueraient à leur entretien par le jardinage, la cuisine, le soin des vêtements, etc. Ils participeraient à divers projets locaux : construction de centres communautaires, aménagement de parcs, sylviculture, agriculture biologique, nettoyage de sites et de rivières, etc. Ils seraient amenés à pratiquer divers sports d’équipe.
Au plan théorique, l’enseignement porterait sur les relations humaines, sur l’écologie, sur la situation politique internationale, etc. Chaque région administrative du Québec devrait avoir son centre de recrutement et de coordination des projets, qui se réaliseraient sur tout le territoire.
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