par Logement social - Pontiac
Le mouvement coopératif et OBNL québécois compte un parc immobilier de 200 000 ménages valant environ 3 milliards de dollars. En divisant par 4 personnes les 8 millions d’habitants prévus en 2012, l’on obtient 2 millions de ménages. Donc 10 % du parc immobilier est communautaire au Québec par comparaison à 25 % en France et à 14 % en Europe. Sauf Cuba, le Québec jouit sans doute du mouvement coopératif le plus fort de toutes les Amériques, même avec 90 % des ménages dans les mains du secteur privé.
Toutefois, 65 % des personnes ne sont pas propriétaires et paient un loyer. Il faut donc comprendre ce phénomène et se demander s’il s’agit d’une nouvelle tendance qui justifie plus d’investissements dans le parc immobilier communautaire.
La réponse est OUI. Après 15 ans d’ALENA et de néolibéralisme, les effets collatéraux se font sentir partout, mais spécialement dans les centres urbains et les régions où le taux de chômage atteint environ 10 % pour l’ensemble de la population et 30 % pour les jeunes et les personnes immigrantes. Selon une enquête de la SHQ sur le profil des résidents des HLM et des projets Logements Abordables et AccèsLogis dans la région de Montréal en 2009, les compressions imposées à la suite des politiques néolibérales ont été pires pour les femmes. Selon cette enquête, 92 % des locataires ou membres locataires sont des femmes (65 % d’entre elles ont plus de 65 ans).
Le Québec est reconnu pour la qualité et l’abordabilité de ses programmes d’habitation. Fort de cette compétence, il doit continuer à investir dans la construction de logements sociaux afin de maintenir l’offre de loyers modiques pour une population féminine de plus en plus âgée et appauvrie.
La vraie question n’est pas la spéculation, mais bien qui spécule au Québec ? Qui favorise l’embourgeoisement dans les anciens quartiers ouvriers proches des centres-villes ? Réponse : une classe moyenne en décadence qui loue à une classe moyenne en ascension. De l’autre côté, de gros gestionnaires gèrent aujourd’hui des millions des pieds carrés partout en Amérique du Nord. Ils donnent priorité à la vente de condos et à la gestion des centres d’achats, des bâtiments publics et des gratte-ciel des centres-villes construits avec une main-œuvre immigrante bon marché. Les gouvernements municipaux et les urbanistes se préoccupent plutôt de la compétition des villes voisines et tentent d’attirer les acheteurs qui paieront des taxes. Dans cet esprit, ils n’hésitent pas à sacrifier la biodiversité et le patrimoine urbain. Les politiques pour contrer ce phénomène sont de deux ordres : revitaliser les centres-villes par une politique d’inclusion; et taxer les banlieusards pour payer le coût de l’étalement urbain. (Voir à ce sujet : http://journal.alternatives.ca/fra/journal-alternatives/publications/archives/2007/volume-14-no-03/dossier-les-grandes-villes-du/article/amerique-du-nord-la-fin-des) La mixité sociale a toujours existé au Québec. S’il y a eu des cas de refus de mixité emblématiques, ils se sont produits dans des niches de « riches » (p. ex. clôtures contre les enfants pendant l’Halloween de 2007 ou barrages routiers dans les rues « cossues » à Montréal) et dans quelques régions isolées ou en crise économique comme Drummondville dans les années 2000. Dans le jargon de la gestion publique, on parle de politiques d’inclusion et non de mixité. Quelques projets de loi à ce sujet sont déjà sur la table du ministre Laurent Lessard qui devrait déposer la Loi d’inclusion à l’Assemblée nationale en octobre 2011. En résumé, les politiques d’inclusion cherchent à obliger les entrepreneurs à réserver un pourcentage des terrains â des projets sociaux du gouvernement (habituellement développés en mode clés en main, sans appel d’offres publiques) ou de réserver un pourcentage des nouveaux logements dans un ensemble immobilier à des personnes seules et âgées à faible revenu (mais pas à des familles ni à des clientèles « fragiles »). Dans ce sens, QS doit toujours travailler avec les mouvements d’habitation pour « sensibiliser » les fonctionnaires et la population au phénomène « pas dans ma cour ». NON. Le mouvement coopératif est essoufflé et en crise. La CQCH et la Fechiim n’arrivent même pas à obtenir que les coopératives et les OBNL d’habitation respectent la loi et les ententes conclues avec la SHQ et la SCHL. Pire encore, on arrive à la fin de ces conventions et presque la moitié des projets n’ont pas fait des réserves de gestion ou de remplacement. Les gouvernements sont donc pris maintenant avec un parc immobilier pourri qui exigera environ 2 milliards de dollars de travaux pour avoir un minimum de conditions d’hygiène et sécurité. QS devrait d’abord réclamer une enquête complète sur l’état du parc immobilier social. La CQCH et d’autres fédérations doivent composer ces comités d’enquête. Ensuite, QS devait proposer une modification de la Loi sur les coopératives pour que les membres coopérés aient le droit d’engager des gérants pour les aider à gérer des logements sociaux (p. ex. plus de 40). En prévision de l’abandon des régions et de la croissance des villes-centres, le gouvernement du Québec devrait obliger la réserve foncière des terrains municipaux et investir dans une réserve immobilière de 1 000 logements sociaux pour chaque point de pourcentage du taux de chômage. Enfin, QS devait être ouvert à d’autres formules et expériences canadiennes en habitation communautaire. OUI, on favoriser l’accès à la propriété résidentielle parce presque tous les leaders communautaires et politiques sont propriétaires. Il faut être cohérent… Si l’accès à la propriété est bon pour nous, pourquoi ne le serait-il pas pour les pauvres ? Ensuite parce que l’on se trouve devant une nouvelle catégorie de pauvres, soit des gens qui ont vécu les années d’or de l’après-guerre, ont étudié, sont tombés dans pauvreté, ont perdu leur fierté et l’espoir… Ces gens ont gagné de l’argent honnêtement, ils formé une famille, contribué à la construction du Québec et se retrouvent maintenant divorcés, malades et laissés à eux-mêmes. Ils sont déprimés et ont besoin d’aide psychosociale. Or l’habitation fait partie des moyens de retrouver leur citoyenneté perdue Enfin, parce qu’il n’est pas logique de payer un loyer qui pourrait payer une hypothèque. 1.5.6 Afin de permettre à tous et à toutes d’avoir des assurances habitation, l’État devrait-il offrir des assurances ou développer des modes d’assurances autres que ceux offerts actuellement par le secteur privé ? Aucune importance. Le loyer abordable, disons de 650 $ par mois pour un logement chauffé de 2 chambres à coucher, inclut déjà un montant pour l’assurance, la réserve de gestion, l’entretien, etc. QS pourrait défendre une politique d’accès à la propriété où la même logique s’applique, soit une hypothèque abordable qui inclut l’assurance comme dans les pays du Sud. Cependant, la base d’un programme d’accès à la propriété avec une hypothèque abordable dépend plutôt des bas taux d’intérêt, ce qui n’est pas la compétence de la SHQ, mais celle de la SCHL. 1.5.7OUI… Même si le marché privé peut offrir des logements abordables, seul l’État peut garantir un minimum de surveillance pour la qualité et l’équité.
Aucune autre contribution citoyenne n’a été publiée pour la perspective .
Toutes les contributions citoyennes