par Qs Arthabaska
2.1.1 Faut-il ouvrir les projets pédagogiques particuliers à tous les élèves et bannir les projets à recrutement sélectif ?
RÉPONSE
CONSIDÉRANT le succès que les projets pédagogiques particuliers obtiennent auprès de la population étudiante, tant dans les établissements d’enseignement privé que dans les établissements du secteur public qui ont cherché à les concurrencer ;
CONSIDÉRANT QUE la participation à des projets pédagogiques particuliers peut représenter une source de motivation à la persévérance scolaire en proposant un environnement d’apprentissage mieux adapté aux intérêts de chacun des jeunes ;
En contrepartie,
CONSIDÉRANT QUE les avantages de ces projets particuliers sont minés par les effets pervers de la concurrence entre les établissements qui se manifestent notamment par
- une augmentation des déplacements motorisés (et leurs impacts sur la qualité de l’environnement) sur une plus longue distance,
- une tendance à la concentration des élèves en difficultés d’apprentissage (EDA) et de ceux aux résultats scolaires plus faibles au sein d’établissements moins bien nantis,
- et un principe électif qui semble renforcer les disparités socioéconomiques régionales et privilégier la capacité à payer des parents plutôt que l’intérêt et la pertinence de l’adhésion à un projet pédagogique particulier ;
CONSIDÉRANT QUE la multiplication des écoles à vocation particulière, qui affecte tant les ordres primaires et secondaires, contribue à l’affaiblissement des liens sociaux de proximité (quartier de résidence, arrondissement, ville, village, etc.) et entrave du même coup l’insertion sociale ;
LE CERCLE CITOYEN D’ARTHABASKA PROPOSE
1. Qu’un gouvernement Québec solidaire appuie le principe des projets pédagogiques particuliers ;
2. Que ces projets particuliers, qui participent de la diversité offerte par le système d’éducation du Québec, soient accessibles dans tous les établissements d’enseignement, selon les besoins exprimés par la population locale et les recommandations du conseil d’établissement, afin d’assurer l’épanouissement des élèves au sein d’une collectivité signifiante ;
3. Que soit étudiée la possibilité d’allouer une enveloppe budgétaire propre à chaque école de quartier afin de permettre la création d’activités pédagogiques, dont l’intégration au programme d’études peut varier ;
4. Que la mobilité des élèves des ordres primaires et secondaires soit restreinte afin d’éviter l’accroissement des disparités socioéconomiques, ethniques et pédagogiques ainsi que l’atomisation du tissu social ;
5. Que la restriction de la modalité des élèves des ordres primaires et secondaires soit également perçue comme une contribution au développement durable et un renforcement des solidarités de proximité qui facilite l’engagement communautaire et une éventuelle ouverture sur le monde.
QUESTION
2.1.2 Comment favoriser une structure éducative et une organisation de l’enseignement qui privilégient la mixité des performances scolaires ?
RÉPONSE
CONSIDÉRANT QUE le système scolaire du Québec est d’abord un service public dont le financement repose essentiellement sur prélèvement de l’impôt sur le revenu des particuliers ou sur les bénéfices des sociétés ;
CONSIDÉRANT QUE le financement public des établissements privés, en dépit de la saine émulation qu’elle a pu, un temps, induire dans le système scolaire québécois, n’est plus que la locomotive d’une concurrence malsaine qui gangrène ce système ;
CONSIDÉRANT QUE la pratique de subvention des écoles privées, adoptée par l’État québécois et devenue avec le temps une pratique coutumière, affecte l’équité de l’offre éducative au Québec, puisque le secteur privé tend à concentrer son recrutement dans les milieux sociaux les mieux nantis de la province et parmi une population étudiante qui présente généralement à l’entrée des résultats supérieurs à la moyenne ;
CONSIDÉRANT QUE l’abolition des subventions des fonds publics aux écoles privées, qui contribuent à hauteur de 60 %, ne représente pas une économie aussi substantielle qu’on ne le croit communément ;
CONSIDÉRANT QUE les économies, même modestes, réalisées par l’abolition de l’aide publique au financement du secteur privé peuvent soutenir l’amélioration des services pédagogiques du plus grand nombre ;
LE CERCLE CITOYEN D’ARTHABASKA PROPOSE
1. Qu’un gouvernement Québec solidaire prononce l’abolition des subventions aux écoles privées afin de mettre un terme aux effets pernicieux de cette pratique ;
2. Que les économies réalisées au fil des ans par l’abolition des subventions aux écoles privées soient réinvesties obligatoirement dans l’amélioration des services pédagogiques offerts dans l’ensemble des établissements du réseau public ;
3. Que les écoles privées puissent poursuivre, sans l’aide des fonds publics, leurs missions pédagogiques.
QUESTION
2.1.6 Comment soutenir le cheminement éthique et philosophique des élèves sans restreindre ces questions à la dimension religieuse ? Comment permettre une telle formation laïque ?
RÉPONSE
CONSIDÉRANT QUE le système scolaire du Québec ne repose plus sur des bases juridiques confessionnelles ;
CONSIDÉRANT QUE l’enseignement religieux relève des collectivités religieuses d’appartenance et n’a plus sa place dans le programme d’études des établissements scolaires publics du Québec ;
CONSIDÉRANT QUE la situation démographique du Québec a favorisé l’accueil d’un nombre croissant d’immigrants de toutes origines, tant géographiques, ethniques, religieuses, ou autres, la société québécoise est une société diversifiée et pluraliste ;
CONSIDÉRANT QUE les rapports au sacré, organisés ou non par une pensée théologique et une organisation structurante, constituent une réalité sociologique, historique et contemporaine, qui module souvent les rapports aux autres ;
CONSIDÉRANT QUE la connaissance des différents types de rapports au sacré favorise une meilleure entente entre les citoyens et une meilleure compréhension de la diversité des autres membres de la société avec lesquels ils entretiennent des liens d’interdépendance dont la qualité définit la qualité du vivre ensemble québécois ;
CONSIDÉRANT QUE la participation citoyenne exige un minimum de savoir et de savoir-faire qui permettent la formulation de pensées critiques et autonomes et, du même coup, encourageant l’épanouissement des personnes, la participation au bien commun et un engagement éclairé à l’avancement de la société ;
LE CERCLE CITOYEN D’ARTHABASKA PROPOSE
1. Qu’un gouvernement Québec solidaire maintienne le cours d’éthique et culture religieuse (ECR);
2. Que le cours d’ECR soit bonifié afin d’intégrer l’athéisme et de l’agnostisme à la liste des rapports au sacré (Églises, expériences religieuses) présentés dans le cadre du cours — bien que ces deux attitudes s’inscrivent en faux par rapport à l’expérience religieuse, cette négation constitue également une position par rapport au sacré qui est partagée par une part importante de la société québécoise;
un enrichissement de la portion « éthique » du cours qui fasse la part belle à un enseignement de la philosophie adapté aux besoins spécifiques des enfants — la méthode développée par Matthew Lipman# a déjà été adoptée avec succès dans certains établissements d’enseignement du système scolaire québécois.
QUESTION
2.3.5 Comment soutenir l’accès aux études de personnes ayant des charges familiales ou domestiques ?
RÉPONSE
CONSIDÉRANT QU’un nombre croissant de personnes qui font un retour aux études assume des responsabilités parentales qui tendent à entraver leur assiduité en classe, à miner leur persévérance au sein d’un programme de formation qualifiante et à limiter le temps à consacrer à l’étude et aux travaux pratiques ;
CONSIDÉRANT QU’une formation qualifiante profite à l’épanouissement des personnes, au bien commun et à l’avancement de la société, de même qu’elle favorise une citoyenneté active et offre de meilleures conditions de participation à la vie en société ;
CONSIDÉRANT QU’une des meilleures façons de permettre aux mères et aux pères, déterminés à retourner aux études, voire à se perfectionner sur le plan professionnel ou personnel, consiste à leur offrir les conditions optimales pour la réussite de leur projet éducatif, adaptées à leurs responsabilités parentales ;
CONSIDÉRANT QUE les Centres de la petite enfance (CPE) n’offrent pas toujours des conditions d’accueil adaptées aux personnes ayant des besoins singuliers comme ceux des étudiants (cours le soir, travaux en équipe, garde de courtes durées, parfois inopinées, etc.), sans compter les difficultés de déplacement qu’un budget souvent restreint rend encore plus épuisantes ;
LE CERCLE CITOYEN D’ARTHABASKA PROPOSE
1. Qu’un gouvernement Québec solidaire oblige les établissements d’enseignement de niveaux collégial et universitaire à offrir sur place un CPE adapté aux besoins singuliers de la population étudiante qu’ils déservent;
2. Que les CPE situés sur les campus universitaires ou cégépiens ouvrent leurs portes aux autres membres de la communauté cégépienne ou universitaire (administrateurs, personnels de soutien, personnels de l’enseignement, etc.);
3. Que les frais d’admission au CPE soient gratuits, ou à tout le moins le plus modeste possible, pour les personnes ayant des charges familiales ou domestiques.
QUESTION
2.3.7 Comment améliorer l’accessibilité et la qualité d’une formation continue qui ne soit pas trop étroitement liée à des besoins spécifiques d’une entreprise ?
RÉPONSE
CONSIDÉRANT QUE la place occupée dans les établissements d’enseignement collégial par la formation continue ne cesse de s’accroître ;
CONSIDÉRANT QUE les personnels de l’enseignement affectés à la formation continue travaillent dans des conditions précaires qui ne leur permettent pas d’aspirer à une véritable carrière dans l’enseignement ;
Considérant que les personnels de l’enseignement affectés à la formation continue travaillent essentiellement dans l’isolement, sans possibilité véritable d’échanger avec leurs collègues du même secteur et encore moins avec ceux de l’enseignement régulier ;
CONSIDÉRANT QUE l’amélioration de la qualité de la formation continue dépend de la présence de personnels qualifiés et motivés, dont le travail est reconnu à sa juste valeur, au même titre et aux mêmes conditions que les personnels des programmes de formation préuniversitaire et professionnelle ;
LE CERCLE CITOYEN D’ARTHABASKA PROPOSE
1. Qu’un gouvernement Québec solidaire améliore les conditions de travail des personnels de l’enseignement dans le secteur de la formation continue;
2. Que l’amélioration des conditions de travail des personnels de l’enseignement dans le secteur de la formation prévoit notamment une réévaluation de leur mode de rémunération, de leur statut professionnel et des modalités d’avancement dans la carrière;
3. Que les nouvelles conditions de travail des personnels de l’enseignement affectés à la formation favorisent un esprit de collégialité entre les membres et des échanges plus faciles avec les personnels des programmes de formation préuniversitaire et professionnelle
QUESTION
2.2.1 Comment préserver et soutenir la mission fondamentale des cégeps et de l’université ? Comment empêcher l’affaiblissement de la recherche fondamentale et la dérive vers la production des seules connaissances rentabilisables ?
RÉPONSE
CONSIDÉRANT QUE la baisse démographique anticipée dans plusieurs régions du Québec, qui se fait déjà cruellement ressentir dans certaines, constitue une menace majeure pour l’accessibilité, la diversité et la qualité de la formation et, subséquemment, pour le développement socioéconomique régional;
CONSIDÉRANT QUE le développement et le maintien d’une offre de formation publique diversifiée, qualifiante et transférable ainsi que l’instauration d’une véritable culture de la formation continue ne peuvent plus dépendre de solutions à la pièce, éphémères et lourdes de coûts à moyenne échéance;
CONSIDÉRANT QUE le réseau des collèges possède une expertise reconnue par les employeurs ainsi qu’une accessibilité plus qu’enviable sur l’ensemble du territoire, tant pour les étudiantes et les étudiants que pour les entreprises, tout en constituant un solide levier de développement régional;
CONSIDÉRANT QUE ce réseau ne semble parfois n’en porter plus que le nom, tant l’autonomie institutionnelle des établissements en a compromis la cohérence, faisant de l’offre des programmes réguliers et des attestations d’études collégiales un véritable chaos qui limite sa fréquentation et mine son fonctionnement interne.
CONSIDÉRANT QUE, en outre, le réseau des collèges est gangrené par la compétition malsaine entre établissements publics.
CONSIDÉRANT les problèmes majeurs (petites cohortes) vécus par les cégeps en région;
CONSIDÉRANT le défi posé par l’importance des besoins anticipés de main-d’œuvre qualifiée et la baisse des effectifs étudiants du réseau collégial à partir de l’automne 2010 (14,4 % entre l’automne 2010 et l’automne 2016);
CONSIDÉRANT les besoins actuels et futurs en matière de diversification économique et les défis qu’ils posent à l’adéquation formation-emploi, notamment dans les régions;
LE CERCLE CITOYEN D’ARTHABASKA PROPOSE
1. Qu’un gouvernement Québec solidaire élabore, de concert avec les personnels des cégeps, mette en œuvre et finance adéquatement un plan national d’action visant à soutenir les programmes en difficulté dans les cégeps et à valoriser la formation technique et professionnelle dans tout le Québec
2. Que ce plan respecte les balises suivantes :
- La réalisation de la mission des cégeps d’offrir une formation axée sur l’accès à une spécialisation intégrant une formation générale;
- Le maintien et le développement d’une offre de formation publique diversifiée, qualifiante, transférable et citoyenne accessible sur l’ensemble du territoire;
- La reconnaissance à la fois des besoins des étudiantes et étudiants jeunes et adultes, des besoins des entreprises, mais également des besoins et des conditions de travail des enseignantes et enseignants qui développent et offrent ces formations;
- La reconnaissance du rôle des cégeps comme leviers du développement régional et national;
- La reconnaissance du rôle de l’État dans l’offre de formation – au secteur régulier et à la formation continue – comme garant de la cohésion de cette offre, arbitre entre les différents acteurs et promoteur des services publics;
3. Que ce plan renforce le réseau des cégeps et limite la compétition entre établissements publics;
4. Que ce plan mette de l’avant des mesures visant à augmenter les inscriptions dans le réseau des cégeps, notamment dans les programmes techniques qui connaissent une baisse d’effectifs depuis plusieurs années :
- la mise en place de mécanismes et de services favorisant l’expression de la demande de formation (accueil, information, orientation);
- la promotion nationale des programmes techniques offerts dans les cégeps, en particulier les programmes offerts en région;
- le financement des études à temps partiel et la conciliation famille-études;
- des mesures spéciales de soutien aux étudiantes et aux étudiants désirant poursuivre leur formation dans des programmes éprouvant des difficultés de recrutement, en encourageant notamment le déplacement en région;
- une adaptation conséquente du régime des prêts et bourses;
5. Que ce plan mette de l’avant des mesures visant notamment à consolider de manière cohérente l’offre de formation dans le réseau des cégeps :
- le développement de créneaux particuliers de formation et l’implantation de programmes exclusifs nationaux en région;
- le financement adéquat des collèges pouvant offrir des formations à temps partiel;
- le financement adéquat de la formation continue dans les collèges;
- L’implantation de mécanismes démocratiques de concertation régionale prenant en compte l’expertise du personnel du réseau collégial.
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