par QS Saguenay—Lac-Saint-Jean
Colloque régional de Québec solidaire Saguenay—Lac-Saint-Jean sur les services publics, le 28 mai 2011
Atelier sur la justice sociale
Participants :
Gilles Plamondon
Louis-Marie Gagnon
Diane Brunet
Ariane Rousseau-Dupont
Camille Koziej-Lévesque
Marily Légaré
Lynda Lalancette
Gilbert Talbot
Pauline Laprise
Fred Plamondon
Enjeu 3 : Justice sociale
Notre discussion s’est élaborée à partir de deux (2) axes. Dans un premier temps, nous avons cherché à clarifier ce que l’expression « justice sociale » signifiait. Suite à cette clarification théorique, nous avons tentés d’y arrimer des mesures pratiques qui pourraient jouer un double rôle : 1) redistribuer la richesse d’une façon qui échappe ou qui corrige les effets de l’économie de marché, et 2), éduquer la population sur l’importance des collectivités.
La justice sociale étant surtout distributive, il nous a semblé important de commencer par une définition de celle-ci en tentant de répondre à la question : qu’est-ce que la justice sociale? Cette courte discussion avait aussi un objectif méthodologique, soit s’assurer que les discussions s’élaborent à partir d’une communauté de sens.
Cette partie de la discussion, assez courte par ailleurs[1], a permi au groupe de dégager certains critères à l’aune desquels les institutions pourraient être réformées :
1. Reconnaître que les individus sont des citoyens et non des clients.
a. L’État doit promouvoir l’égalité des chances et l’accessibilité aux ressources garantissant l’émancipation de ses citoyens.
b. En corollaire, les individus doivent aussi assumer leur rôle de citoyens et rendre compte de certaines responsabilités.
2. Transformer le rôle de l’État en abandonnant la perspective clientéliste à partir de laquelle il élabore ses politiques.
a. Il serait mieux à même de percevoir et de corriger les injustices flagrantes.
3. Accorder autant d’importance aux droits collectifs qu’aux droits individuels.
a. Reconnaître l’interdépendance entre les collectivités, entre les citoyens et entre les collectivités et les citoyens.
b. Assurer une meilleure justice intergénérationnelle (la redistribution des ressources doit se faire en tenant compte des injustices passées et des besoins des générations futures).
Partant de là, nous avons cherché à répondre à la question 1, soit « quels grands principes devraient régir QS? ». Au premier chef, il nous a semblé assez clair qu’afin d’effectuer des changements dans la façon dont l’État redistribue la richesse, il fallait s’attaquer au modèle corporatif lui-même puisque c’est à partir de ce modèle que le gouvernement choisit, évalue et/ou finance ses politiques sociales. Or, comme ce type de gestion dépend d’un calcul du rapport coûts-bénéfices, il ne peut pas être utile afin d’évaluer le rendement ou les besoins sociaux de certaines collectivités ou individus. Autrement dit, les activités humaines ou les besoins humains qui ne se mesurent pas selon un rapport coûts-bénéfices manquent souvent de reconnaissance ou passent carrément sous le radar de l’État. Par exemple, si on évalue le rendement du travail des artistes, des artisans de la scène ou de la culture et des groupes communautaires, il est souvent négatif (il ne produit pas ou à perte parce son objectif n’est pas nécessairement économique) et ils doivent bénéficier de subventions et d’autres mesures d’aide. Comme ces organismes dépendent de l’argent public, ils donnent l’impression d’être au crochet de la collectivité alors qu’ils y participent pleinement. Conséquemment, leur image publique en souffre beaucoup avec les effets qu’on connaît : mépris, exclusion, récrimination, etc. On observe le même phénomène du côté des Premières Nations, des minorités culturelles, des prestataires d’aide sociale, femmes ou parents à la maison, etc. En simple, la valeur de la représentation politique des secteurs économiques et des individus nous semblait directement liée avec notre façon de comprendre le rendement économique : la valeur de la représentation politique des collectivités et des individus dépend de la valeur de leur production, ce qui génère, voire justifie, plusieurs injustices.
Une véritable justice sociale devrait se préoccuper de corriger cet écart de représentation politique afin de garantir une accessibilité égale aux ressources collectives. Pour y arriver, nous croyons que QS devrait s’efforcer de changer notre façon de concevoir le travail afin d’amener les citoyens à évaluer la valeur de leur participation à la société selon d’autres critères que ceux du marché (rendement, profit, etc.).
Selon nous, la meilleure façon d’y arriver serait de promouvoir un revenu universel de citoyenneté tout amenant les citoyens à assumer pleinement leur rôle de citoyens. Ce revenu universel de citoyenneté serait donc accompagné de plusieurs mesures locales, par exemple :
1. En favorisant une approche localiste de gestion
a. Budgets participatifs
b. Gestion collective des ressources naturelles (suivant leur nationalisation)
c. Création d’institutions municipales basée sur la coopération.
d. Etc.
2. En adoptant des principes de justice intergénérationnelle
a. Nationalisation des ressources naturelles
b. Régime universel de retraite
c. Accessibilité aux CHSLD; financement public et rendement assuré par les loyers.
d. Décloisonnement des réserves
e. Etc.
En terminant, le besoin de justice et de transparence était criant de la part de tous les participants. D’ailleurs, si des principes de justice sociale devaient avoir un objectif pédagogique, ce serait celui d’amener les citoyens à vouloir les corriger si elles contribuent à créer des injustices.
[1] Le produit de cette discussion est l’écho de ce qu’on retrouve dans le cahier 3 ainsi que dans les politiques déjà reconnues par QS.
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