par Contribution individuelle
La présente contribution à l’élaboration du programme du parti répond à la question 2.2.2 : Quels mécanismes démocratiques instaurer pour placer les communautés collégiales et universitaires au centre du contrôle de leur institution afin de garantir leur liberté académique tout en assurant leur responsabilité devant l’ensemble de la collectivité?
Constats
S’interroger sur les mécanismes de fonctionnement démocratique des collèges universités implique nécessairement s’interroger sur les finalités de l’éducation supérieure. Nous admettons ici que les collèges et universités, en tant qu’institutions fondamentales à notre société, doivent à la fois dispenser une formation critique par rapport à cette dernière tout en étant autonomes vis-à-vis des instruments du pouvoir économique et politique.
Nous assistons à une transformation fondamentale et dangereuse de ces institutions en regard des objectifs énoncés ci-haut. Les institutions publiques sont soumises à la « nouvelle gestion publique», c’est-à-dire la mise en concurrence des «composantes universitaires» et l’intégration (de gré ou de force) des mécanismes du marché. Nous présentons ici quelques exemples de ces ravages quant aux objectifs fondamentaux de l’université:
- Les principes de la gouvernance basée sur des critères de performance et de rentabilité économique exclu la participation de la communauté (corps professoral, étudiant-es, syndicats) aux décisions qui la concerne : exit la gouvernance collégiale au profit (sic) de l’atteinte d’objectifs de croissance et de rendement;
- Ces mêmes regroupements (professeurs, étudiant-es, syndicats) sont perçus comme « parties prenantes en conflit d’intérêt et devant être tenu-es à l’écart du processus décisionnel1 ». L’exemple patent étant celui des représentant-es étudiant-es au conseil d’administration de l’Université de Sherbrooke qui sont exclu-es de toute discussion/décision qui les concernent;
- L’évaluation constante de la performance (contrats de…) requiert un appareil bureaucratique accaparant de plus en plus de ressources et concentrant un pouvoir appartenant originalement à la communauté, via la gouvernance collégiale maintenant déchue;
- L’arrimage des institutions au marché multiplie les programmes (maîtrises professionnelles, DESS, etc.) qui, à leur tour, nécessitent des ressources grandissantes menaçant celles dévolues aux disciplines traditionnelles, critiques et au fondement de l’université;
- Concurrence oblige, l’éducation devient objet de marchandage sur le plan international comme l’illustrent les négociations entre le Canada et l’Union européenne (ie. la Commission européenne indépendante du parlement) en vue d’un accord commercial. Les universités sont contraintes de présenter un package deal attrayant en vue d’augmenter ses effectifs étudiants et ainsi améliorer leur classement dans les palmarès;
- À cet égard, les recteurs et présidents deviennent de réels hommes/femmes d’affaires et le mode de rémunération des cadres est directement inspiré du secteur privé : salaires importants et avantages sociaux indéniables (chauffeurs privés, condos payés, etc.). Au Québec, seule l’Université du Québec échappe pour l’instant en partie à cette structure de rémunération, mais des indices flagrants laissent croire que son modèle sera délaissé au profit d’une structure de rémunération inspirée du management privé.
Propositions
Les principes qui guident nos propositions ainsi que ces dernières sont les suivantes:
L’université doit retrouver son autonomie vis-à-vis du pouvoir politique et économique. L’université émanant de la société, elle lui est nécessairement imputable, mais selon des critères autres que purement économiques et elle doit demeurer libre quant à son fonctionnement académique et économique;
a. Création d’une « Commission nationale des universités permanente, publique, indépendante et multipartite » : proposition avancée par la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) en mars 2001. Formée uniquement de membres de la communauté universitaire, « cette commission serait chargée de promouvoir le développement du réseau universitaire (…), préserver l’intégrité de l’Institution et le respect des principes qui la fondent, en particulier la liberté académique et l’autonomie institutionnelle, d’aviser et conseiller le gouvernement et les composantes de la communauté universitaire sur toute question relative à l’enseignement, à la recherche, à la formation des étudiant-es et au financement».
Le rôle de l’État est central : par ses ressources financières, il doit assurer à l’université les moyens d’atteindre les objectifs académiques qu’elle se donne et assurer son accessibilité financière et géographique; par ses dispositions juridiques, l’État doit permettre à l’université de demeurer à l’abri de toute ingérence politique et économique;
a. Renforcer le réseau de l’Université du Québec sur l’ensemble du territoire national;
b. La majorité des sièges à l’Assemblée des gouverneurs de l’Université du Québec ou toute autre instance similaire soient détenus par des membres internes des communautés universitaires, redevables devant leurs pairs;
c. Soustraire automatiquement le secteur de l’éducation à toute discussion de nature commerciale avec d’autres pays ou zones économiques;
d. Réformer les dispositions sur la gouvernance des universités pour s’assurer que le nombre de représentants internes des institutions soit majoritaires et avec droit de vote (syndicats, étudiant-es, professeur-es, chargé-es de cours);
e. Les recteurs et présidents devront également être élu-es par la communauté interne universitaire.
Aucune autre contribution citoyenne n’a été publiée pour la perspective .
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