par Cercle citoyen de l’Association de Mercier sur la justice sociale
1.2.3 Devrait-on tendre vers l’élargissement des services publics gratuits ou à faible coût ? Si oui, quels services cela devrait-il inclure ? Est-ce que ces tarifs préférentiels (ou la gratuité) devraient être accessibles à tous et toutes, peu importe leur revenu ?
On a trop souvent tendance à croire que le seul ou le meilleur moyen moyen de lutter contre la pauvreté est d’agir sur les revenus. Si ce moyen ne doit surtout pas être rejeté, il ne faut pas pour autant négliger le rôle des services publics pour offrir une base de services communs à tous, de façon à diminuer les dépenses de personnes à faible revenu, les aider à éviter l’exclusion et leur donner la possibilité d’atteindre leurs objectifs de vie.
En effet, les services publics ne font pas que soulager la pauvreté en diminuant les dépenses des personnes à faible revenu pour des services essentiels, mais ils permettent de les outiller pour sortir de leur condition, socialiser et s’épanouir. Par exemple, une personne en santé, qui a pu aller à l’école autant qu’elle le désirait et qui peut se déplacer à peu de frais a de bien meilleures possibilités de se réaliser et d’éviter (ou de sortir d’) une situation de pauvreté ou d’exclusion qu’une autre personne qui n’a pas accès à ces services.
Par exemple, diverses études ont démontré que les enfants des pauvres des pays qui offrent de bons services publics, comme la France, l’Allemagne, la Suède, le Canada et le Danemark ont de deux à trois fois plus de possibilités de sortir de cette condition que les enfants des pauvres des États-Unis, pays qui se targue pourtant d’offrir le rêve américain… ( voir entre autres http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%AAve_am%C3%A9ricain#Du_r.C3.AAve_.C3.A0_la_r.C3.A9alit.C3.A9). Imaginons ce que ce serait si les services publics étaient encore plus étendus!
De même, on observe au Québec une baisse spectaculaire (mais non suffisante…) du taux de faible revenu des femmes cheffes de familles monoparentales depuis la création du Programme de places à contribution réduite (garderies à 7 $), alors que ce changement ne s’observe pas dans les autres provinces canadiennes. À http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/famls_mengs_niv_vie/revenus_depense/revenus/mod1_allp_1_5_6.htm , on peut par exemple constater que le taux de faible revenu des enfants de familles monoparentales est passé de 53,5% en 1997 (juste avant la mise sur pied de ce programme) à 25,5% en 2008. C’est encore trop, mais ce pas en avant ne peut être négligé.
En outre, les données de l’Institut canadien d’information sur la santé montrent que la part des services de santé non couverts par l’État est passée de 17,5 % en 1979 à 28,6 % en 2010 (page 148 de http://secure.cihi.ca/cihiweb/products/NHEX_Trends_Report_2010_final_FR_web.pdf ). Cette hausse de plus de 60 % provient aussi bien de l’abandon par l’État du financement de certains services (soins dentaires et de la vue pour les jeunes, entre autres) que du refus de couvrir des services pourtant offerts par des professionnels de la santé reconnus par des ordres professionnels (chiropraticiens, physiothérapeutes, acupuncteurs, etc.).
Finalement, la possibilité de pouvoir communiquer tant par téléphone que par Internet est devenue de nos jours une condition essentielle pour ne pas être exclu de la société. De même, le logement décent et le chauffage l’hiver sont des droits de base qu’il ne faut pas ignorer non plus.
Face à ces constats (et à bien d’autres…), notre cercle citoyen propose :
1. d’ajouter les services suivants aux services publics offerts gratuitement :
- soins offerts par des professionnels de la santé reconnus par des ordres professionnels, dont les soins dentaires, de la vue (y compris les lunettes et verres de contact) et de l’audition (y compris les appareils nécessaires), ainsi que tout autre soin et équipement relatifs à un état de santé nécessitant des interventions précises;
- services de garde d’enfants;
- services d’éducation à tous les niveaux d’enseignement;
- médicaments prescrits;
- maintien à domicile;
2. d’augmenter graduellement les services de transports en commun, tant urbains qu’interurbains et de faire diminuer graduellement leurs tarifs jusqu’à une gratuité complète;
3. d’investir massivement dans le financement de logements sociaux adéquats;
4. d’introduire graduellement le remboursement des frais de base du téléphone, d’Internet et du chauffage, au moins pour les ménages à faible revenu.
Aucune autre contribution citoyenne n’a été publiée pour la perspective .
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