par Cercle pour une convergence culturelle
Cercle pour une convergence culturelle
Entre la Culture au sens large qui se définit comme l’ensemble des réalisations humaines par opposition à ce qui est Naturel et la culture dans un sens plus restreint qui se définit comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social; nous préférons définir ici la culture comme la représentation de ce que nous sommes. Pour résumer, la culture c’est note mémoire, notre conscience du présent et une réflexion sur l’avenir.
On peut aussi envisager une définition assez écologique de la culture : savoir, pour mieux agir maintenant en prévision des 7 générations avenir. Donc, une culture dont la base serait l’aptitude à vivre à l’intérieur des limites de la biosphère.
La commission Bouchard Taylor est passée à côté de l’essentiel, car le malaise à notre époque, qui s’exprime souvent par un sentiment de perte d’identité, n’est pas dû à l’immigration, aux accommodements raisonnables ou autre particularisme, mais a l’abâtardissement des masses par la culture américaine ou la Lady-Gagatisation de la culture.
En effet, la culture de masse, ou « aculture » étasunienne, est un produit industriel et un des principaux moteurs de l’économie capitaliste et de la croissance. Ceux qui dirigent et possèdent les moyens de production doivent aussi contrôler la compréhension et le sens du travail des exécutants.
Puisqu’il a été décrété que la société n’existe pas et qu’il n’y a pas d’alternative au capitalisme, la culture, comme représentation consciente et collective, ne peut n’en plus exister. Seuls donc restent des individus à divertir tout en préparant leurs cerveaux à la consommation, corollaire du productivisme capitaliste. C’est précisément ce que fait l’industrie du spectacle étasunienne. Les mêmes rythmes qui soûlent les soldats et servent d’instrument de torture nous sont distillés quotidiennement pour nous transformer en consommateurs décervelés qui ne pensent pas, mais dépensent. Le monde est malade, on s’en fout! Ce soir on danse… Sans oublier le cinéma et sa morale simple : détruire les méchants barbus et basanés à coût de magnum et oublier le vrai mal qui nous ronge dans un monde qui nous échappe et s’autodétruit.
La culture est donc devenue une sphère séparée et spécialisée. Dans un monde produit par d’autres pour s’enrichir, la culture doit aussi compenser notre mal de vivre lancinant. C’est donc une double tâche, abrutir et défouler, que réalise bien la culture de masse moderne principalement étasunienne (danse, films, rock, hip hop…). Et tout doit perpétuellement changer, donc innover, avant que l’on prenne conscience de l’insignifiance du contenu.
De plus, la culture est une marchandise qui doit aussi faire la promotion des autres marchandises. Le tintamarre anglo-saxon n’est pas seulement le bruit de fond et le rythme de la société marchande, il sert à promouvoir d’autres produits qui, à leur tour, feront la promotion de ce vacarme qui prend toute la place et étouffe le reste.
Paradoxalement, notre époque adopte facilement les rythmes et sons qui viennent de la rue. Alors qu’aux époques précédentes, les privilégiés affichaient une culture affectée et hautaine, et méprisaient la culture populaire. Le capitalisme préfère transformer en produit culturel vedette ce qui émane du désespoir, mêlé d’envie, de provocation et de compensation. Car cette confusion fascinante est facilement récupérable et monnayable.
En conclusion, une nouvelle culture doit donc émerger et accompagner le mouvement vers un autre monde possible. Les changements structurels nécessaires sont parfois retardés par un manque de vision. La résistance à la mondialisation capitaliste ne peut se faire sur les mêmes rythmes et bruits distillés dans les boutiques de marques à la mode.
La critique d’un mode de production qui en vient à détruire la planète pour sauver les taux de profit est inséparable de la critique de la culture qui l’accompagne. Un pays de projets doit aussi être un pays de culture, car la transformation sociale et son expression culturelle sont intimement liées. Mais, la culture ne s’impose pas par le haut, même si un secteur culturel spécialisé doit jouer son rôle en ouvrant les possibilités. L’État doit donc aider sans régenter, ni imposer de direction.
Propositions
Promouvoir la diversité des expressions culturelles (comme adoptée par la Conférence générale de l’UNESCO en 2005).
Favoriser les expressions créatrices, ouvrir de nouveaux espaces d’échanges et d’expérimentation culturels.
Avoir un budget conséquent pour la culture, mais un mécanisme de subvention non partisan.
Soustraire la culture, particulièrement l’éducation, des règles du commerce et de la libre concurrence.
Protéger le patrimoine culturel du Québec.
Participantes et participants :
Jean-Claude Balu membre
Marie Denise Samedi membre
Francesca Fragola non-membre
Margarita Romero non-membre
Robert Asselin non-membre
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