par René Lavertue et son groupe
POUR UNE ÉCOLE ÉQUITABLE.
LE PROBLÈME
Trois mots suffisent à résumer le carcan que constitue l’école actuelle pour tous les étudiants. UNIFORMISATION, SÉLECTION, RÉPRESSION.
L’UNIFORMISATION est cette imbécillité qui consiste à faire apprendre la même chose à tout le monde, au même âge et presque en même temps. On en connaît les résultats : les plus « rapides » doivent marquer le pas, et perdent un temps énorme; les plus « lents » placés en situation d’échec constant finissent par débrancher.
L’estime de soi est quelque chose de fondamental. C’est pourquoi le pire à l’école, c’est cet entêtement à placer des étudiants en constante situation d’échecs dans un contexte de déplaisir. C’est une dévalorisation systématique.
Toutes les réformes n’ont rien fait pour changer ça. LA SÉLECTION. Prenons mon cas. Ayant des facilités en français et en maths, on me donnait du bollé. En fait, on m’avait inséré dans un système où mes talents étaient favorisés. Mais si les exigences du système avaient été les arts plastiques et les travaux exigeant de l’habileté manuelle, j’aurais été catalogué « mésadapté », « enfant en difficulté d’apprentissage » ou autres balivernes destinées à ceux qui ne répondent pas aux normes arbitraires du système.
David, un jeune étiqueté « surdoué » :
- Si on comptait d’autre chose à l’école, je ne serais pas le premier dans tout. L’école a été échafaudée par des intellectuels pour des intellectuels qui ont érigé deux talents particuliers (langue et maths) en absolu et dénigré les talents des autres, ceux qui ont des habiletés manuelles, artistiques, de relations humaines.
Toutes les réformes n’ont rien fait pour changer ça.
LA RÉPRESSION. Une des acrobaties du système consiste à faire passer sa répression pour de la discipline.
Exemple. Au début des années ’60, un groupe de jeunes japonaises désirant obtenir la médaille d’or en volleyball, lors des jeux de Tokyo, choisirent comme instructeur, un entraîneur reconnu pour son extrême sévérité. Cet instructeur leur promis de les faire suer sang et eau pendant 4 ans. Du volleyball à n’en vomir. En contre partie, il leur promettait la médaille d’or. Elles acceptèrent ce dur contrat. Elles remportèrent la médaille d’or. La discipline implique au départ un libre choix, sinon on la nomme répression. Une personne est prête à dépenser des trésors de temps et d’énergie pour atteindre SES objectifs, mais pas ceux fixés par d’autres. La discipline ne peut-être que personnelle et se fonder sur un besoin qui permet la persévérance. À l’école, on ne discipline pas, on réprime, car on essaye de faire apprendre par la force des connaissances à des étudiants qui n’en veulent pas ou pire qui ne peuvent les assimiler. Toutes les réformes n’ont rien fait pour changer ça.
LA SOLUTION
Un autobus à Trois-Rivières. La moitié des passagers sont des membres du Hamas qui veulent absolument se rendre à Québec, l’autre moitié des juifs hassidiques qui eux veulent se rendre à Montréal. Vous allez faire un mauvais voyage. La solution consiste à donner à chacun un autobus pour se rendre là où il veut aller.
En éducation, il n’y a que deux écoles de pensée : les partisans de l’école traditionnelle et ceux de l’école humaniste. Deux positions inconciliables. Le problème c’est que tout ce beau loge actuellement à la même enseigne. C’est pourquoi malgré toutes les réformes, chacun tirant sur la couverture, l’autobus de l’éducation est immobilisé à Trois-Rivières.
Pour régler le problème : une solution à 2 volets.
Premier volet : Je suggère 3 écoles fondées sur le degré de liberté accordé aux étudiants dans le choix de leur cours.
L’école TRADITIONNELLE. Dans ces écoles, l’étudiant n’aurait aucun choix de cours. Le modèle : les actuelles écoles privées. Elles seraient intégrées au secteur public tout en conservant leur mode de fonctionnement et de sélection. Elles seraient gratuites. Économies pour les parents.
L’école MITOYENNE. Les étudiants choisiraient la moitié (50%) de leurs cours. Le matin : langue, maths, langue seconde. L’après-midi, les étudiants choisissent leurs cours : danse, théâtre, métiers, ou plus de maths. Des écoles semblables existent mais elles ne sont accessibles qu’aux intellectuels au détriment des tous les autres. Elles seraient accessibles à tous indépendamment de leurs notes en français et en maths.
L’école AUTONOMISTE. L’étudiant pourrait choisir entre 70 et 80% de ses cours. Deux matières obligatoires : français (lecture, écriture) et maths. Mais minimum : exemple en maths, je sais compter mais de l’algèbre je n’en fais pas car je n’en ai pas besoin. À la place, je peux choisir des cours qui répondent plus à mes besoins.
Le deuxième volet : L’ÉGALITÉ DES SAVOIRS
Rien ne me paraît plus dangereux que la possession d’un savoir, si ce savoir est érigé en absolu et devient objet de religion. Il entraîne alors une volonté de puissance qu’aucun remords, aucune mauvaise conscience ne viennent troubler ou réprimer. C’est ce que nous avons fait à l’école, nous avons érigé en absolu deux matières qui ne servent pas à éduquer mais à éliminer. Hors de la langue et des maths point de salut. Tu peux être un écrivain de génie, mais si tu es nul en algèbre tu ne serais pas accepté à l’université. Exiger des normes trop sévères en français pour un prof d’arts plastiques ou de musique et ainsi éliminer des profs compétents dans leur domaine : c’est criminel. C’est pourquoi, il importe que tous les savoirs, tous les savoirs faire soient jugés par tous égaux en dignité, et que chacun comprenne que supérieur ici à son voisin, il lui est, là, inférieur. Dans la société, nous reconnaissons les génies d’Einstein et Picasso, mais à l’école si les étudiants Einstein sont survalorisés, les étudiants Picasso nuls en maths, sont étiquetés « étudiants à problème. Avec l’égalité des savoirs les deux talents seraient également valorisés. Il faut enlever aux ayatollahs de la langue un pouvoir trop énorme par rapport à leur utilité sociale.
Cette solution règlera une fois pour toute des problèmes qui perdurent Depuis des décennies : le décrochage, l’indiscipline, les profs n’auraient plus de répression à faire, la culture serait plus accessible aux gens des milieux dits défavorisés économiquement.
J’aimerais discuter de cette solution avec des parents, des professeurs et des administrateurs scolaires qui cherchent une solution à la profonde crise que traverse le monde de l’éducation.
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