par Collectif décroissance conviviale
Quelle place pour la publicité commerciale dans le Québec que nous voulons?
Le système capitaliste repose sur une augmentation constante de la consommation. Dans ce système, la publicité sert à créer des désirs et à les transformer, dans la tête des gens, en besoins qu’il faut à tout prix combler, tandis que le crédit permet d’acheter et de consommer immédiatement en dépensant aujourd’hui des gains futurs. Chaque année, près de 500 milliards de dollars sont consacrés à la publicité. Elle sert à faire vendre des objets, mais aussi à défendre un style de vie, des valeurs et des comportements qui assurent le maintien du statu quo. C’est devenu une nouvelle forme de pollution qu’il est impossible d’éviter.
Et que dire des médias de masse qui, au lieu de produire leur propre contenu, reproduisent fidèlement les messages qu’ils reçoivent des relationnistes à la solde des entreprises, des organismes ou des gouvernements? Résultat: l’information véritable est de moins en moins disponible, les gens en viennent à perdre tout sens critique et à ne plus pouvoir penser par eux-mêmes.
Cependant, la publicité, n’est que le symptôme d’une maladie du système capitaliste : la surproduction qui engendre elle-même dans le public une autre maladie, la surconsommation. L’enjeu ultime n’est pas d’en finir avec le marketing faire baisser la fièvre ne fait pas disparaître l’infection qui l’a provoquée. Il s’agit d’en finir avec la surproduction. Quand les entreprises n’auront plus intérêt à nous vendre quelque chose, elles ne feront plus de publicité.
Objectif
La publicité est nocive parce lorsqu’qu’elle pousse à la surconsommation et crée de faux besoins. Cependant, il est impossible de l’interdire (comme la cigarette). Il faut donc limiter sa présence le plus possible dès maintenant, tout en visant à long terme une société sans publicité commerciale, où personne n’aurait intérêt à pousser à la surconsommation. Pour y arriver:
1. Multiplier les espaces sans publicité
Les établissements de santé
Les milieux d’enseignement et d’éducation, de la garderie à l’université
D’autres espaces publics devraient être libres de publicité: places publiques, espaces médiatiques…
2. Informer le public sur les produits et services
La publicité, qui a pour but de faire vendre, est nocive. Mais l’information est nécessaire, à la fois pour les entreprises qui veulent faire connaître leurs produits ou services et pour le public qui cherche à combler certains besoins. Un gouvernement solidaire devrait donc développer l’information aux consommateurs (on donne l’exemple d’un site où seraient présentées de façon comparative toutes les marques et variétés de dentifrice. Sans en faire l’évaluation comme Protégez-vous, on identifierait les produits équivalents d’une marque à l’autre)
3. Réglementer la publicité
Réglementer ce qu’on peut (doit) dire dans la publicité. Par exemple :
non au sexisme, à l’hypersexualisation
non aux informations fausses ou incomplètes (y compris dans la publicité électorale)
étiquetage obligatoire des OGM
interdire les messages politiques dégradants
interdire toute publicité qui vise les enfants (ex. McDonald)
de façon générale, imposer plus de rigueur sur le contenu et la pertinence d’un message publicitaire
Réglementer l’affichage:
pas d’affichage publicitaire (panneaux-réclame) le long des routes
limiter la taille des affiches dans les villes
réserver de l’espace (genre colonnes Morris) pour l’affichage d’intérêt public: événements culturels, sociaux, politiques…
encourager les villes à réglementer le format des enseignes
Surveiller l’application des règlements sur la publicité
créer un organisme de surveillance, doté de pouvoirs
cet « Office de la publicité » recevrait notamment les plaintes du public
4. Réduire l’emballage des produits
L’emballage, permet de protéger un produit fragile, mais il est plus souvent inutile, sauf à des fins de marketing, d’administration (il porte le code « barres » utilisé pour enregistrer la vente, et sans doute aussi pour limiter le vol dans les magasins de grande surface). L’achat en vrac permet non seulement de réduire les emballages, mais d’acheter uniquement la quantité dont on a besoin. De plus, cela favorise davantage les commerce de proximité à taille humaine.
Réglementer pour réduire l’emballage
Libéraliser la vente en vrac
Taxer le suremballage
Rendre le producteur responsable de son emballage (sur le modèle des frais de récupération inclus dans le prix de vente des pneus).
5. Éducation à la consommation et à l’« autodéfense intellectuelle »
Il est impossible d’interdire complètement la publicité dans notre société. Mais à supposer qu’on puisse aménager un Québec sans publicité, il faudrait encore se prémunir contre la publicité qui continuerait à parvenir de l’extérieur. De plus, aucun régime n’est à l’abri de la manipulation de la parole.
Il faut donc:
inclure dans le cursus scolaire, dès le primaire et jusqu’au collégial, l’éducation à la consommation et à l’autodéfense intellectuelle
rendre l’éducation à la consommation et à l’autodéfense intellectuelle accessible aux adultes par l’éducation populaire et dans les médias
6. Éliminer autant que possible la publicité dans les médias et les événements culturels
(voir les détails dans la prochaine contribution)
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