par contribution individuelle (Amir Khadir)
La richesse produite dans un pays donné (le PIB) se partage en plusieurs parts : les salaires, l’investissement et les dividendes versés aux actionnaires. Comme dans la plupart des pays dominés par des gouvernements qui ont favorisé les détenteurs du pouvoir économique au détriment de la société, le Québec a subit depuis 30 ans une baisse importante de la part du PIB attribué à la masse salariale. Cette masse salariale comprend les charges fiscales qui supportent l’ensemble des programmes de sécurité sociale, dont fait partie le régime de retraite. Or, au cours des 30dernières années l’augmentation des salaires n’a pas suivi l’amélioration de la productivité des salariés. Alors que la part de la richesse produite allant aux salariés étaient de X% dans les années 1980, elle est passé à Y % en 2009. Parallèlement , la part de la richesse allant aux profits et dividendes des actionnaires a considérablement augmenté. On peut donc dire que la stagnation des salaires qui accompagne les difficultés de financement des programmes sociaux comme celui du régime de pension de retraite est un phénomène qui relève de la même cause que celle de l’enrichissement des actionnaires.
Or, au lieu de mieux redistribuer la richesse et les fruits de l’augmentation de la productivité de manière équitable entre masse salariale et actionnaire, une vaste propagande alarmiste est engagée par le gouvernement pour nous faire croire que puisque la population vit plus longtemps, pour « sauver les retraites » il faut reculer l’âge de départ légal à la retraite. Le gouvernement prétend qu’il n’existe pas d’autres ressources pour la protection sociale, qu’il est impossible d’augmenter les cotisations ou encore que des compléments d’épargne privée sont absolument nécessaires.
Québec solidaire rejette ces contrevérités. L’augmentation de l’espérance de vie et la baisse de natalité ont débuté de façon marquée il y a plus de 100 ans. Pendant plusieurs décennies, au moment où ces phénomènes démographiques étaient le plus prononcé, nos sociétés ont quand même réussi à baisser substantiellement la durée du travail car il y avait une volonté politique de mieux partager les fruits de l’économie. Ce qui a été fait par le passé, est encore possible dans l’avenir pourvu que les mêmes règles de partage équitable de la richesse soient appliquées.
Le RRQ ne dispose pas des mécanismes de financement adéquats pour fournir des revenus suffisants à tous les secteurs de la société afin d’assurer une retraite digne et un niveau de vie décent à toute la population.
Proposition pour un régime de pension universel
• Québec Solidaire réformera profondément le régime de pension actuel pour adopter un régime de pension universel (RPU) qui couvrira l’ensemble de la population. Cette réforme sera dictée par les principes d’équité, de solidarité, de sécurité, et de progressivité.
• Le RPU visera à remplacer l’ensemble des régimes de retraite complémentaires en les intégrant tout en respectant le rapport proportionnel au salaire.
• Le RPU doit garantir un niveau de revenu suffisant à tous les secteurs de la société afin d’assurer une retraite digne et un niveau de vie décent à toute la population. Ce régime vise en outre à assurer une meilleure reconnaissance des carrières longues ou celles à salaires modestes et prendra mieux en compte l’inégalité des espérances de vie.
• Pour assurer le financement dynamique du RPU et le développement de l’emploi, Québec solidaire entend redéfinir le partage de la valeur produite par les entreprises entre travail et profits, en inversant la tendance qui a vu les salaires baisser au profit des actionnaires depuis 30 ans. Il s’agit d’appliquer une augmentation légère et régulière des cotisations patronales, accompagnée d’une baisse correspondante des dividendes accordés aux actionnaires, particulièrement ceux du secteur financier, sans remettre en cause la compétitivité des entreprises.
• Le financement du RPU reposera comme c’est actuellement le cas principalement sur les cotisations assises sur la masse salariale. Mais il faut augmenter la contribution des revenus du capital. Ces nouvelles recettes proviendront tout particulièrement d’une cotisation accrue prélevée sur les revenus financiers des sociétés financières et non financières »
Aucune autre contribution citoyenne n’a été publiée pour la perspective .
Toutes les contributions citoyennes