par Regroupement de l’Est de Montréal
REGROUPEMENT DE L’EST DE MONTRÉAL
CONTRIBUTIONS À L’ENJEU 3 - JUSTICE SOCIALE
COMMENT ASSURER LA JUSTICE SOCIALE DANS UN QUÉBEC SOLIDAIRE?
1.1 Droits économiques, sociaux et culturels
1.1.1 Il est proposé :
Soit de créer une commission constituée par un groupe de citoyens (provenant de groupes sociaux) dont les décisions seraient exécutoires;
Soit de créer une commission parlementaire travaillant de concert avec les groupes sociaux dont les décisions prises conjointement seraient exécutoires;
Soit de charger le vérificateur général de vérifier si les obligations citées dans la Charte sont mises en application; ses conclusions devront être respectées et les correctifs apportés.
Dans tous les cas, il est important d’effectuer un suivi ou contrôle
1.2 Lutte à la pauvreté
1.2.1 Nous privilégions les programmes ciblés : les programmes universels tendent à accentuer l’écart entre riches et pauvres ce qui n’est pas compensé par de la fiscalité vu les délais. De plus, les programmes ciblés évitent les situations floues. Il faut toutefois tenir compte de la nature du programme.
1.2.1.1 Nous proposons comme mesures complémentaires :
Par le biais de l’éducation sociale, diffuser les informations relativement aux programmes disponibles;
Offrir de l’accompagnement : « recycler » les fonctionnaires en conseillers selon le principe de l’employabilité, créer des coopératives et du financement participatif (micro-financement);
S’assurer de l’efficacité du suivi quant à l’éradication de la pauvreté et des progrès réalisés.
1.2.1.2 Nous proposons les améliorations suivantes :
Réduire le temps d’accès aux programmes :
Implanter un système d’accès immédiat moyennant un remboursement par voie des impôts
Programmes visés :
CSST, allocations familiales et de soutien familial, logement social, assurances sociales (chômage)
1.2.2 Nous préconisons le revenu minimum, puisque le revenu citoyen est un programme universel qui accaparerait le budget intégral du Québec.
Formule : définir ce revenu en fonction du coût du panier de consommation fondé sur des données réalistes spécifiquement définies
Mesure accessoire : relever le salaire minimum
1.2.3 À notre avis, l’élargissement des programmes ne s’applique pas nécessairement à tous les programmes. Il faudrait les évaluer individuellement.
Nous proposons les modifications suivantes :
Certains programmes devraient être remplacés par la création de coopératives : plus motivateur, utile et éducatif : services de garde, de ménage à domicile, de télécommunications, suivi scolaire…
Certains services essentiels, tels que la santé et l’éducation, devraient de toute évidence être élargis
Certains autres services devraient être accessibles à faible coût : garderies et CPE, transport en commun (voire gratuit pour les personnes à faible revenu, les étudiants et les ainé(e)s).
D’autres services devraient être gratuits : aide aux aînés, l’aide juridique pour les personnes à faible revenu (bonifier l’accessibilité)
1.2.4 Malheureusement, il n’y a pas réellement de dénominateur commun entre les situations de ces divers groupes de personnes, nous proposons donc ce qui suit :
Les femmes : poursuite de l’éducation, surtout dans les domaines techniques et professionnels, réseautage, disponibilité de gardiennage gratuit pour jeunes mamans qui veulent retourner à l’école, accès au perfectionnement professionnel, disponibilité gratuite de conseillers en développement professionnel, élimination des ghettos d’emploi bon marché, relèvement du salaire minimum, équité salariale et d’accès aux postes supérieurs, compensation significative au niveau des prestations de retraite pour les femmes aînées ayant travaillé à bas salaire toute leur vie. (Certaines mesures s’appliquent autant aux hommes qu’aux femmes!)
Familles monoparentales : comme la majorité des familles monoparentales ont une femme comme chef de famille, les mesures ci-dessus s’appliquent également dans ce cas. Par contre, il faudrait ajouter certains services spécifiques tels que les services de garde 24 heures, l’accessibilité à un travail régulier et bien rémunéré à temps partiel, une réduction d’impôts significative qui permet de compenser le manque de revenu d’un(e) conjoint(e), l’accès aux aides familiales soit pour des services de ménage ou de garde-répit de sorte que l’épuisement ne nuise pas à la qualité de son travail. Il faut aussi favoriser le réseautage qui permet de dénoncer les pratiques discriminatoires, non seulement à l’égard des femmes, mais surtout des femmes monoparentales.
Autochtones : plusieurs facteurs jouent ici. La valorisation de l’éducation et l’accès à celle-ci sont en effet primordiales. La démocratisation de l’administration de certaines communautés également. Les mesures s’appliquant aux femmes jouent ici aussi. Cependant, il y aussi l’éducation sociale des communautés pour faciliter l’acculturation des deux groupes – autochtones et blancs – de façon plus générale, sans détruire pour autant les cultures indigènes. Il y a aussi l’équité dans la participation aux profits des projets sur leurs territoires, tant sur le plan des emplois que sur celui des revenus subséquents. La justice économique à leur égard laisse beaucoup à désirer. Le tout est à revoir (CT – autochtones)
Minorités visibles : certaines minorités sont plus défavorisées que d’autres, ce sont particulièrement les communautés noire et latino. Les minorités asiatiques réussissent généralement à tirer leur épingle du jeu. Dans leur cas, comme dans le cas des autochtones, il y a la valorisation de l’éducation qui joue, même chez les parents! Souvent, il s’agit d’aller travailler et gagner de l’argent au plus vite, ce qui nuit gravement à la fois au rendement scolaire et à la poursuite des études. La pauvreté se trouve ainsi perpétuée de génération en génération sans rupture dans l’engrenage. Ces sociétés sont souvent matriarcales, donc si les femmes adoptent et/ou bénéficient des mesures à leur intention (ci-haut), il est fort possible que leurs enfants adoptent des attitudes différentes à l’égard de l’école et du travail. C’est pourquoi il est important de créer des services communautaires pertinents, des centres d’activités récréatives et sportives pour les jeunes, ainsi que des services-conseils pour modifier leur conception de la vie au Québec, différente de ce qui existe dans leurs pays d’origine. Ce qui est malheureux cependant, c’est l’exposition très importante aux « occasions d’affaires » dans le trafic de la drogue qui emporte beaucoup de jeunes et de moins jeunes. La lutte contre celle-ci devient donc essentielle si on veut relever le niveau de vie réel de ces communautés et ce changement passe par les femmes.
Immigrants : la pauvreté des immigrants est inégale. Les immigrants dits « économiques » n’ont certes pas de problème de pauvreté. C’est souvent le cas d’immigrants asiatiques. D’autres immigrants, par contre, ont été leurrés (premier problème) par les services d’immigration : ils arrivent au Québec, bardés de diplômes que le Québec ne reconnaît pas(deuxième problème)! Deux exemples : mon livreur de pizza
algérien est ingénieur civil, mon ancienne concierge était médecin en Roumanie! On ne leur facilite même pas l’intégration professionnelle. Bien au contraire, on leur met tous les bâtons possibles dans les roues. Il y a aussi la discrimination qui joue, contre les « autres » qui ne sont pas aussi bons que « nous » et ce même à la hauteur de corporations professionnelles et des grandes entreprises professionnelles. Il est noté dans les documents du gouvernement que l’objectif ciblé était de fournir de la main d’oeuvre (bon marché???) aux industries en région. On ne parle pas de services professionnels. Même les corporations professionnelles, les grandes entreprises, voire les universités, poursuivent le même modèle d’exclusion de l’immigrant, surtout s’il est maghrébin. Le clivage entre ce qu’on a fait miroiter et la réalité des politiques sur le terrain est spécifiquement ce qui mène à la pauvreté des immigrants, particulièrement ceux du Maghreb et de l’Europe de l’Est, car ce clivage mène directement à un problème d’adaptation et d’intégration sociales. La solution c’est de mettre un terme aux mensonges de nos services d’immigration, de placer les universités, les corporations professionnelles et les grandes firmes de services professionnels au pied du mur relativement à l’intégration des professionnels immigrants.
1.2.5 Ce sujet sera étudié en profondeur par la CT-Autochtones
Nous aimerions cependant souligner quelques aspects importants :
Création d’un gouvernement autochtone autonome – contrôle des accès au territoire
Contrôle des pourvoiries sur le territoire expulsion des « entrepreneurs » non-autochtones
Apprentissage du Français et de l’Anglais - -protection des langues originales
Développer les moyens de transport, vu les distances et compenser le coût des produits « importés »
Augmenter les budgets alloués au développement économique et social afin de réaliser l’autosuffisance et la croissance des communautés
Cesser la discrimination et le profilage racial contre les autochtones – promouvoir une image positive, ce qui valoriserait leur origine aux yeux des jeunes.
Travailler au changement social avec les femmes autochtones.
Promouvoir l’éducation et en rendre les moyens disponibles.
1.3 Régimes de retraite
Les régimes de retraite devraient être entièrement sous compétence provinciale.
Ces deux régimes devraient être fusionnés afin d’assurer un revenu de base universel à tou-te-s les citoyen-ne-s du Québec, travailleurs et non-travailleurs. Le régime de retraite devrait d’ailleurs faire partie d’un programme universel d’avantages sociaux dont les coûts sont partagés par les employeurs et les travailleurs ou l’État et les non-travailleurs
1.3.1 Vu que les personnes à revenu supérieur peuvent faire des économies et des placements en vue de revenus de retraite, il est essentiel de combler le manque à gagner des aîné-e-s qui ont travaillé toute leur vie à des salaires misérables. Un palier minimum décent s’impose donc, c’est-à-dire qu’il faut ajouter un montant compensatoire au montant de base.
1.3.2 Dans l’éventualité où le Québec évoluerait dans le sens d’une société plus égalitaire, le régime de retraite devrait devenir fixe et universel, fondé sur les contributions à la fois des travailleurs et des employeurs. Cependant, étant donné que ces derniers sont les bénéficiaires du travail des employés, il est normal que leur contribution soit plus importante. Parallèlement, les travailleurs qui gagnent davantage peuvent aussi soit économiser ou investir afin d’augmenter leurs revenus de retraite. On peut encourager ce processus en les invitant à investir dans les institutions québécoises d’épargne-placement destinées à soutenir l’économie progressiste du Québec, ce qui leur permettrait d’économiser les impôts sur ces sommes et d’éliminer les RÉÉR auprès des institutions bancaires et financières.
1.3.3 Le revenu de retraite fixe bonifié (1.3.2) devrait leur permettre de bien vivre.
1.3.4 L’épargne personnelle s’adresse aux personnes – surtout professionnelles – qui disposent d’un revenu supérieur et qui économisent en vue d’une retraite à la hauteur de leur statut social ou de projets particuliers.
Aucune autre contribution citoyenne n’a été publiée pour la perspective .
Toutes les contributions citoyennes