par QS Gouin et QS Rosemont
La présente contribution est le fruit d’une assemblée publique organisée par Québec solidaire Rosemont et Québec solidaire Gouin, le 6 octobre 2010, à laquelle une cinquantaine de personnes ont pris part.
Un revenu suffisant
Les politiques actuelles de sécurité du revenu sont basées sur la division, la discrimination, la culpabilisation et la contrainte des individus-es considérés aptes au travail, de même que leur enfoncement dans la misère.
Dans les deux dernières décennies, des personnalités et des organismes populaires ont proposé leur remplacement par une garantie de revenu. Pour un, le regretté Michel Chartrand s’est fait le promoteur du revenu de citoyenneté versé inconditionnellement à tout individu, de sa naissance à sa mort, sans égard à sa situation financière et qui soit suffisant pour le maintenir hors de l’état de pauvreté. Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec défend, pour sa part, la mise en place d’un Revenu social garanti universel qui est assez semblable au Revenu de citoyenneté, à la différence qu’il ne serait versé qu’aux personnes de plus de 18 ans. De plus, compte tenu de ses coûts, le Front commun propose que cette mesure s’applique dans un premier temps aux personnes en situation de pauvreté.
Même si le principe de cette garantie de revenu faisait largement consensus lors de notre assemblée du 6 octobre, la façon d’y parvenir a entraîné plusieurs questionnements qui devront être pris en compte dans les débats à venir.
• Est-il nécessaire d’accorder ce revenu à toute personne, indépendamment de son âge, de sa situation familiale, de son emploi et surtout de son revenu, même, s’il est vrai, dans ce dernier cas, qu’une partie de l’argent reviendrait par le biais de l’impôt? Cela n’augmente-t-il pas considérablement le coût de la mesure, ce qui pourrait bloquer la possibilité d’intervenir dans d’autres domaines tout aussi nécessaires à la lutte contre la pauvreté : services publics, création d’emplois, politique de logement, etc.? À ce sujet, un membre de l’association QS de Mercier a évalué que, même en soustrayant le coût des programmes actuels de sécurité du revenu, la facture du Revenu de citoyenneté tel que défini plus haut se situerait entre 55 et 65 milliards $, soit à peu près l’équivalent du budget de dépenses actuel du gouvernement du Québec.
• Quel effet une telle mesure aurait-elle sur le marché du travail? L’existence d’un revenu garanti n’encouragerait-elle pas les employeurs à offrir des emplois moins bien rémunérés? N’aurait-elle pas plutôt l’effet inverse en rendant les personnes plus indépendantes par rapport à des employeurs offrant de bas salaires?
• Même s’il constituait une certaine reconnaissance du travail non-payé encore aujourd’hui majoritairement assumé par des femmes, un revenu garanti ne contribuerait-il pas à les confiner à la maison? Comment alors pourrait-on s’assurer d’un plus grand partage des tâches domestiques entre les hommes (le plus souvent au travail) et les femmes, travailleuses au foyer? Comment s’assurer que les femmes ne soient pas plus pauvres que les hommes une fois rendues à l’âge de la retraite?
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