par Individuelle - Jacques Laurin
Proposition au programme de Québec solidaire Thème : santé 3.2 “ Pour juger le progrès, il ne suffit pas de connaître ce qu’il nous ajoute, il faut encore tenir compte de ce dont il nous prive. ” Theodor W. Adorno (1903-1969) …ce qu’on nous donne à vivre serait inéluctable, une sorte de “ destin du monde contemporain ”. Jean-Marc Mandosio Nous parlons souvent de « qualité de vie » sans trop savoir ce que ces mots impliquent. Nous tentons de définir nos droits, tout en négligeant de définir nos devoirs, en aval, et particulièrement nos besoins, en amont. Nous nous permettons donc de proposer une liste de besoins humains fondamentaux. À partir de celle‐ci, il serait possible d’élaborer une charte des conditions de vie favorables à la santé humaine qui permettrait de mieux nous éclairer dans l’élaboration de politiques en matière d’environnement et de santé, d’éducation et d’économie qui tiendraient compte du bien‐être général de la population, au‐delà des intérêts particuliers. La liste qui suit donne donc un aperçu intéressant des conditions de vie que nous, humains, avons été évolutivement “conçus” au cours de millions d’années d’évolution. Gardez à l’esprit, lorsque vous parcourrez la liste ci‐dessous, que les 10.000 ans (introduction de l’agriculture) de soi‐disant vie «civilisé» que nous avons traversé jusqu’à présent, sont un clin d’oeil dans le temps, au sens de l’évolution, et donc insuffisant pour que l’organisme humain puisse être adapté au mode de vie actuel. Dans de telles conditions contre nature, il n’est donc pas surprenant que nous vivions en développant un large éventail de mal‐aises physique, émotionnel, mental, social, culturel et spirituel, comme les maladies cardiaques, la maladie mentale, la toxicomanie, la violence, la criminalité, la guerre, ainsi de suite. Selon le principe d’évodéviation, lorsque des êtres vivants sont exposés à des conditions de vie qui diffèrent de celles pour lesquelles leur espèce est génétiquement adaptée, grâce à l’évolution, des signes d’inadaptation phylogénétiques sont susceptibles de se manifester. L’hypothèse a été avancée que, dans le cas de l’espèce humaine, le principe d’évodéviation ne s’appliquerait pas seulement aux aspects physiques ou matériels des conditions de vie, mais aussi à ceux moins tangibles du comportement, et des aspects psycho‐sociaux. En ce qui concerne les nombreux aspects postulés au sujet des conditions de vie propices à la santé, incluant les aspects immatériels, le principe de la fourchette optimale est applicable, c’est‐à‐dire trop ou trop peu d’un état donné peut être préjudiciable à la santé. Les conditions de vie favorables à la santé chez l’Homo sapiensi 1‐ De l’air pur, semblable à celui rencontré au cours de l’évolution d’homo sapiens, libre de contamination aux hydrocarbures, à l’oxyde de souffre, au plomb, etc. 2‐ De l’eau pure, semblable à celle rencontrée au cours de l’évolution d’homo sapiens, libre de contamination chimique ou de microorganismes pathogènes. 3‐ Des températures environnementales semblables à celles rencontrées au cours de l’évolution d’homo sapiens. 4‐ Une exposition à la lumière visible (durée et intensité) semblable à celle rencontrée au cours de l’évolution d’homo sapiens. 5‐ Des niveaux de bruit semblables à ceux rencontrés au cours de l’évolution d’homo sapiens. 6‐ Alimentation a) Un apport calorique équivalent aux exigences du métabolisme. Des normes sociales permettant aux individus de manger quand ils ont faim, mais qui n’encouragent pas la surconsommation de calories en réponse à un rituel, une habitude, à l’ennui, etc. b) Des aliments fournissant tout le spectre des besoins nutritionnels de l’organisme humain. (Pendant l’évolution d’homo sapiens ceux‐ci étaient fournis par une variété d’aliments d’origine végétale, ainsi qu’occasionnellement animales.) c) Une alimentation équilibrée, dans le sens de ne pas être constituée d’un excédant quelconque d’un constituant chimique ou d’une catégorie d’aliments particuliers. d) Des aliments ayant la consistance de celle qui se retrouve dans la nature. e) Des aliments dépourvus de contaminants et d’additifs potentiellement nocifs. 7‐ Un contact minimal avec des parasites ou pathogènes d’origine microbienne ou autres. 8‐ Un réseau effectif de support émotionnel procurant un cadre propice aux comportements spontanés d’attention, de sollicitude et de soins. 9‐ Des interactions fréquentes avec les membres de la famille élargie et les membres du groupe auquel appartient l’individu à propos de sujets d’intérêt et de préoccupation mutuels. 10‐ Des occasions et des stimulations nécessaires à créer des interactions en petits groupes concernant des projets d’intérêt et de préoccupation mutuels. 12‐ Un environnement social qui confère des responsabilités et des obligations individuelles face au groupe auquel appartient l’individu. 13‐ Des occasions pour l’individu de se déplacer spontanément et librement d’un petit groupe à l’autre, vers ou hors un état de solitude. 14‐ Des niveaux de stimulation sensorielle ni beaucoup plus, ni beaucoup mois fortes que celles rencontrées au cours de l’évolution d’homo sapiens. 15‐ Un modèle de travail physique faisant alterner de courtes périodes de travail musculaire intense avec de longues périodes de travail musculaire médian, mais incluant également de fréquentes périodes de repos. 16‐ Un modèle de sommeil « poly phasique », ainsi que la possibilité de se reposer ou de dormir quand le besoin se fait sentir. 17‐ Des occasions et des stimulations nécessaires à l’apprentissage et à la pratique de travaux manuels et au comportement créatif en général. 18‐ Des occasions et des stimulations nécessaires à l’implication active dans des activités de récréation. 19‐ Un environnement hautement intéressant dans lequel les changements d’intérêts individuels se produisent constamment et à un rythme que la psyché humaine peut assimiler facilement. 20‐ Des occasions de pouvoir manifester une grande spontanéité dans son comportement. 21‐ Une grande diversité d’expérience quotidienne. 22‐ Des cycles de réalisations de court terme. 23‐ Des aspirations du genre à être vraisemblablement réalisable. 24‐ Un environnement et un mode de vie propice au développement raisonnable d’un sentiment : d’implication personnelle, d’utilité, d’appartenance, de responsabilité, d’intérêt, d’excitation, de défi, de satisfaction, de camaraderie et d’amour, de jouissance, de confiance et de sécurité. i Tire de l’ouvrage Western Civilisation in Biological Perspective, Stephen Boyden, Oxford University Press, 1987
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