La Déclaration de principes de Québec solidaire traçait déjà le cadre du débat que nous entreprenons : Québec solidaire se voue entièrement à la défense et à la promotion du bien commun. En d’autres mots, il fait primer l’intérêt de la collectivité sur l’intérêt d’une minorité possédante. Il consacre son énergie à la recherche de l’égalité et de la justice sociale, au respect des droits individuels et collectifs. Il reconnaît l’interdépendance des humains entre eux et avec la nature.
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Enjeu 3 – MISSIONS FONDAMENTALES DE L’ÉTAT EN MATIÈRE DE JUSTICE SOCIALE, D’ÉDUCATION, DE SANTÉ ET DE CULTURE
Une bonne partie des services publics dont bénéficie aujourd’hui la société québécoise sont le fruit des luttes populaires menées notamment par les femmes, les travailleuses et travailleurs et les groupes communautaires. Par leurs mobilisations, les classes populaires ont créé un rapport de force qui a obligé les gouvernements à répondre, au moins partiellement, à leurs besoins. Les services publics fournis par l’État favorisent la solidarité et l’égalité des citoyen-nes et apportent une mesure importante de sécurité aux couches populaires, atténuant la précarité qui est leur condition « normale » sous le capitalisme.
Dans un Québec solidaire, l’État est un instrument du peuple dont la volonté se réalise entre autres à travers les services publics. Ceux-ci doivent être offerts dans le respect des droits fondamentaux – économiques, sociaux et culturels. Ce faisant, l’État assure à la fois la création et le partage d’une partie de la richesse collective, tout en favorisant le développement et la participation de toutes et de tous.
Le statut de citoyen-ne Aujourd’hui, au Québec, les citoyen-nes ne sont guère impliqué-es dans le débat sur les services publics. On nous considère plutôt comme « usagers », « clients », « bénéficiaires » «contribuables» ou «consommateurs». Le choix de ces mots reflète une vision de société qui s’éloigne du bien commun et des droits fondamentaux.
Par le statut de citoyen-ne, chaque personne devrait avoir notamment le droit – et donc le pouvoir et la responsabilité – de participer aux débats et aux décisions qui nous concernent. Comme citoyen-nes nous sommes solidaires de l’ensemble des personnes habitant le Québec, dotées des mêmes responsabilités et des mêmes droits. Cela nous appelle à considérer les services publics non seulement du point de vue de nos intérêts personnels immédiats, mais aussi du point de vue de la collectivité locale, régionale ou nationale qu’ils doivent servir. Ces services ne sont pas simplement une dépense importante de l’État : ils sont d’abord et avant tout un investissement, une richesse collective et, par conséquent, une responsabilité à assumer ensemble. Plutôt que de nous transformer en usagers dépendants, dans un Québec solidaire, la mission de l’État est indissociablement liée à la participation citoyenne, à l’exercice des droits sociaux, mais aussi aux responsabilités quant à l’orientation et à la gouverne de ces services; ce sont les citoyen-nes qui exercent leur pouvoir à travers la démocratie participative. Plusieurs conditions sont nécessaires pour que cette prise en charge, et la participation démocratique qu’elle suppose, se réalisent. Parmi ces conditions : du temps libre, de l’information, une éducation citoyenne, et un gouvernement qui facilite cette participation par des mesures, des politiques, des campagnes de sensibilisation qui valorisent et encouragent l’implication citoyenne.
Le rôle de l’État Les gouvernements qui se sont succédé au cours des dernières décennies, en bons défenseurs des intérêts des pouvoirs économiques et financiers, ont tour à tour remis en question le rôle de l’État dans les services publics. Ce dernier suit de plus en plus le modèle de l’État entreprise, au service des entreprises : les services publics doivent être productifs, rentables. Cela s’est traduit par moins de budget et moins de services offerts, d’où un rôle toujours plus grand du secteur privé dans les services traditionnellement considérés comme publics. Certains services ont même été privatisés (ex. : chirurgies pour cataracte, hanche, genou…). Les critères marchands ont été placés au coeur de l’action publique (palmarès d’écoles ou d’hôpitaux performants, projets pour rendre le secteur privé majoritaire aux conseils d’administration des cégeps et universités…). En généralisant le libre-échange, les États ont placé les travailleuses et travailleurs de la planète en concurrence les uns avec les autres et se sont attaqués à la souveraineté populaire. La mission des services publics a été redéfinie de façon à rendre la population plus « utile » en augmentant son employabilité et sa productivité. Pour ce faire, l’État cherche aussi à réduire le pouvoir des organisations syndicales et à diminuer la protection sociale. Comme chaque fois que le gouvernement se désengage, ce sont surtout les plus défavorisé-es qui souffrent des baisses de services, et particulièrement les femmes. Ce sont aussi des femmes, majoritaires parmi les employé-es des services publics, qui sont le plus touchées par les mises à pied ou par l’obligation de faire des heures supplémentaires. La quête du déficit zéro et les mises à la retraite massives des années 1990, comme les autres compressions budgétaires des dernières décennies, prétendaient éliminer les déficits budgétaires et réduire la dette. En réalité, le déficit a simplement été déplacé : l’État a dépensé moins, mais les personnes privées de services ont dû compenser ce manque, en argent ou autrement. De plus, dans beaucoup de cas, un service non rendu a occasionné un problème plus grave pour lequel l’État a quand même dû payer. Par exemple, on accorde des budgets insuffisants aux soins à domicile, il en résulte des réductions de services, et les malades aboutissent à l’urgence.
Les organisations privées Au cours des dernières années, on a vu les organisations privées (grands philanthropes, entreprises, fondations privées [Ex : Fondation Chagnon ], etc.) investir le champ des programmes sociaux et de la lutte à la pauvreté. Cette incursion du privé est loin d’être désintéressée. En effet, de généreuses exemptions fiscales sont octroyées aux donateurs; ceux-ci influencent de plus en plus les politiques et programmes gouvernementaux en imposant leurs priorités; des partenariats sont conclus entre le gouvernement et ces philanthropes, etc. Cet octroi d’une plus grande place aux entreprises privées et aux grands philanthropes, comme le retrait de l’État, fait partie d’une tendance mondiale vers une privatisation des services publics.
Les options politiques Quelles responsabilités doivent revenir à l’État ? Comment doit-il les assumer ?
D’un côté, les tenants de l’« État minimal » utilisent tout leur pouvoir politique et économique, y compris en fabriquant l’opinion publique, pour promouvoir un État qui s’occupe surtout de soi-disant défense et sécurité et qui, pour le reste, laisse agir les « forces naturelles du marché ». De l’autre côté, celui où se situe Québec solidaire, les tenants de la justice sociale, de l’égalité et de la solidarité [considèrent que l’État] doit intervenir pour garantir le respect des droits humains, redistribuer la richesse et encadrer l’économie […] pour qu’elle soit davantage au service des personnes et des collectivités
Selon ce dernier point de vue : •l’éducation, tout comme la santé et la culture, doivent être considérées dans une finalité de développement humain et de justice sociale; •les services de santé et d’éducation ne sauraient être soumis au marché ou à des intérêts particuliers; ils participent plutôt à l’épanouissement des personnes, au bien commun, et à l’avancement de la société; •la culture n’est pas une simple marchandise que les plus nantis peuvent se payer ou un moyen d’asservissement au service des grands possédants et de leur idéologie, mais bien le reflet et l’expression de la créativité d’une collectivité ou d’un peuple; •la justice sociale doit assurer la protection des droits fOndamentaux, parmi lesquels se retrouvent les droits économiques, sociaux et culturels.
En pratique, les responsabilités de l’État et sa manière de les assumer sont surtout déterminées par l’orientation politique d’un gouvernement, ou d’un parti porté au pouvoir. L’orientation de Québec solidaire est énoncée dans sa Déclaration de principes : Québec solidaire se voue entièrement à la défense et à la promotion du bien commun. En d’autres mots, il fait primer l’intérêt de la collectivité sur l’intérêt d’une minorité possédante. Il consacre son énergie à la recherche de l’égalité et de la justice sociale, au respect des droits individuels et collectifs. Il reconnaît l’interdépendance des humains entre eux et avec la nature.
Québec solidaire a donc pour objectif de mettre en place et renforcer au plan local, régional et national les conditions qui permettront le développement social, soit un ensemble de processus d’amélioration des conditions de vie et des potentiels individuels et collectifs et ce, dans le contexte d’un développement économique respectant les limites de la nature et soucieux de justice sociale
Comment assurer la justice sociale dans un Québec solidaire ?
Pour une éducation plus juste, plus égalitaire, plus démocratique
Comment assurer le droit à la santé et à des conditions de vie saines ?
Comment mettre en oeuvre une culture solidaire ?
Québec solidaire se voue entièrement à la défense et à la promotion du bien commun. En d’autres mots, il fait primer l’intérêt de la collectivité sur l’intérêt d’une minorité possédante. Il consacre son énergie à la recherche de l’égalité et de la justice sociale, au respect des droits individuels et collectifs. Il reconnaît l’interdépendance des humains entre eux et avec la nature.
Tout cela exige une transformation profonde du Québec. Pour notre parti, cela signifie de s’opposer au néolibéralisme, cette version moderne du capitalisme, qui domine nos sociétés et hypothèque leur avenir comme celui de la planète.
Nous sommes de gauche
Nous faisons la promotion de la justice sociale, de l’égalité et de la solidarité. L’État doit intervenir pour garantir le respect des droits humains, redistribuer la richesse et encadrer l’économie. Nous proposons une approche globale et préventive de lutte à la pauvreté et nous voulons repenser l’économie pour qu’elle soit davantage au service des personnes et des collectivités.
Nous sommes féministes
La recherche de l’égalité entre les hommes et les femmes inspire notre démarche politique tout comme notre fonctionnement interne. Durant les dernières décennies, les Québécoises ont obtenu des gains importants entre autres au plan juridique, mais il reste beaucoup de chemin à parcourir pour que l’égalité se traduise totalement dans les faits. Les inégalités vécues par les femmes sont fondées sur un système de pensée qu’on appelle le patriarcat, créant systématiquement des inégalités par des rôles sociaux et culturels attribués aux femmes qui sont considérés inférieurs par rapport aux rôles des hommes.
