Présentation de M. Béland
La participation citoyenne semble nécessaire dans le contexte de recherche de la société au niveau économique et social (crises économiques à tous les 7 ans, est-ce le monde qui nous souhaitons?). Le système économique est construit de telle sorte qu’il y ait toujours augmentation de la consommation. Contradiction avec les idées de simplicité volontaire qui sont aussi prônées.
La participation citoyenne permet aux personnes, aux citoyens de se positionner. Le mot citoyen vient du système démocratique. La citoyenneté, c’est le « mieux-vivre ensemble ». Beaucoup de temps a dû passé pour que les personnes se donnent un système qui permet l’égalité entre les personnes, que les décisions soient prises par la démocratie.
Cependant, la construction du système fut au niveau de la démocratie politique. La démocratie est seulement admise pour les affaires de l’État, pour le politique. Néanmoins, une société est composée des trois aspects : le pouvoir politique, le pouvoir citoyen, le pouvoir économique. Madame Clinton l’a présenté avec la métaphore du tabouret. Si un des piliers est trop fort, cela donne : 1-autocratie; 2-anarchie; 3-inégalités économiques.
L’humanité ne peut survivre que si elle se préoccupe des autres, cela nécessite une diminution des inégalités sociales.
La démocratie s’est faite seulement au niveau du pouvoir politique et non pas au niveau du pouvoir économique. Dans ce domaine, c’est 1$/1vote.
Il y a des milliers de bénévoles au Québec qui ont l’idée du bien commun, mais il y a une minorité qui pratique l’éthique du profit et du rendement. Lors de l’expression du vote, cela ne parait pas. Pourquoi? La participation citoyenne n’est pas assez forte. Aujourd’hui, on est davantage des consommateurs que des citoyens.
La démocratie est-il un projet de société ou bien un mécanisme d’expression?
Comment fait-on pour arriver à un capitalisme démocratique?
Questions :
- Comment améliorer la participation citoyenne dans la démocratie que nous connaissons?
- Comment donner confiance aux citoyens?
- Doit-on opposer citoyenneté et démocratie?
Convergences
Quatre convergences sont apparues dans l’atelier au niveau de la participation citoyenne. Voici le résumé :
Premièrement, il s’agit de la nécessité de la sensibilisation du public, de l’éducation citoyenne au niveau de la nécessité de participation des citoyens aux affaires publiques. Le rôle des médias doit y être reconsidérés, car ils sont une source d’information. Le bien commun doit être mis de l’avant et cela nécessite aussi une sensibilisation du public, cela permettrait aux personnes de comprendre la nécessité de l’implication citoyenne. Il faut dépasser l’individualisme et la promotion du bien individuel.
Deuxièmement, la participation citoyenne doit être promue comme un droit et une responsabilité. L’assurance d’un pouvoir de décision pourrait contrer le désabusement à s’impliquer lorsque nos efforts semblent vains. Le micro-crédit a été montré en exemple de possibilité de participation citoyenne ayant un effet concret sur les gens.
Troisièmement, il faut mobiliser les gens. Cependant, la manière de mobiliser n’était pas consensuelle. On y reviendra dans les divergences.
Quatrièmement, pour permettre la participation citoyenne il faut une volonté des élus allant dans ce sens. Pour les participants, s’il y avait un pouvoir de révocation des élus et davantage d’imputabilité, cela encouragerait la participation citoyenne.
Les grandes lignes de discussion qui étaient convergentes :
Aller chercher les gens
- - Préoccupation au niveau du niveau de participation (nombre de personnes). Les ingrédients qui manquent : le temps d’implication, l’intérêt, les valeurs. Les personnes ne prennent pas ou n’ont pas le temps de s’impliquer suffisamment. L’implication se fait au niveau du court terme au lieu du long terme. Lorsqu’on parle de temps, on fait tout de même des choix de faire autre chose.
- - L’école est aussi un bon lieu pour se donner du temps. On doit recommencer à enseigner la compétence démocratique, l’histoire du Québec. Lien avec la proposition des valeurs.
- - Si on avait plus faim, est-ce qu’on trouverait plus le temps de vouloir que notre système change? La conjoncture économique devrait être utilisée pour montrer que ce qui a été proposé précédemment nous a amené à la crise.
Valeurs
- - Le bien commun doit être davantage mis de l’avant au niveau des valeurs. Les droits individuels, l’individualisme est trop mis de l’avant. Les personnes ne s’impliquent pas, car ils ne souhaitent pas devenir des consommateurs.
- - Les valeurs doivent être mises de l’avant dès l’école primaire et secondaire. Le cours éducation à la citoyenneté est intéressant, mais il faudrait que le bien commun soit mis de l’avant dans les réflexions des jeunes dès le jeune âge. (voir le point sur le temps)
Responsabilisation
- - Exemple de budget participatif : c’est une autre possibilité de participation qui se fonde sur le droit et la responsabilisation.
- - Projet de développement : il faudrait que le citoyen soit consulté au départ, plutôt que par la suite ce qui fait que la participation réelle n’est pas présente à la fin. Les citoyens ont alors l’odieux de s’opposer à des projets qu’on présente comme positif pour leur communauté.
Confiance dans la participation citoyenne est nécessaire
- - Le désintéressement est présent même si tout le monde chiale. Il faut redonner confiance aux citoyens dans leur pouvoir. Être au courant, s’intéresser, aide aussi à croire en notre pouvoir. Exemple de l’écoute du conseiller municipal à l’étranger (Suisse) à la télévision qui est très suivi.
- - Un changement de mode de fonctionnement serait intéressant lorsque les gens seront intéressés. Exemple de changement : référendum (ou autre moyen de vote) mensuel sur des sujets locaux.
- - Mode de scrutin/système politique : Le citoyen n’est pas dupe. Le niveau de participation citoyenne aux élections. Les personnes ne sentent pas que les dirigeants les représentent. Le taux d’abstentionniste s’explique en raison de cela. Des changements fondamentaux doivent être faits. Les consultations citoyennes doivent être écoutées, il faut que les consultations populaires ne puissent être mise sur les toilettes.
La ligne de parti est un problème. Cela ne contribue pas à la diffusion des idées.
- - On demande à ce que la consultation au niveau du « comité directeur sur la réforme des institutions démocratiques » soit davantage publicisée. Peut-être que QS pourrait l’étudier et choisir des grandes lignes à promouvoir?
Formation à la participation citoyenne
- - il serait nécessaire d’avoir des ateliers de formation sur la participation citoyenne qui inclurait le fonctionnement du mode de scrutin, sur le fonctionnement du système électoral.
Problème de mobilisation
- - comment mobiliser? Tout le monde connaît du monde qui sont bien d’accord avec les ambitions sociales. Comment faire en sorte qu’on se regroupe pour en parler? Avant, il faut se poser, qu’est-ce qui mobilise les gens? Qu’est-ce qui les dérange?
- - S’il y a un mouvement porteur, c’est le mouvement écologique, car il remet en question le système. Les jeunes en sont souvent porteurs. L’éducation à l’école appuie cette volonté des jeunes à ce niveau. Comment se mobiliser là-dessus? Le lobby du peuple… comment s’organiser autant que les gros lobby comme le pétrole…
Divergences
Une seule grande divergence s’est exprimée sur la manière de mobiliser les gens pour l’implication citoyenne.
La manière d’encourager les gens à s’impliquer a opposé deux points de vue : ceux qui croient que l’implication devrait être encouragée soit monétairement, soit reconnue et ceux qui croient que ce sont les valeurs des gens et leur indignation devant l’injustice qui devrait l’amener à participer. Le devoir et la responsabilité du rôle de citoyen est aussi invoqué comme motif de participation. La première position met de l’avant la nécessité d’établir situation gagnant-gagnant pour que les gens investissent du temps. Ils avancent que la valorisation de l’implication citoyenne au niveau du milieu de travail pourrait dégager des fonds et du temps. Ex : congés solidaires pourraient aussi prendre la forme de participation d’une journée. De l’autre côté, on se dit que les gens doivent être en colère et exprimer leur désaccord. Les élections à l’automne 2008, même si elles n’étaient pas souhaitées par la population, n’ont pas permis d’exprimer un désarroi de la politique. Pour d’autres, ses réactions sont-ils une réelle participation citoyenne. La réactivité n’a pas amené juste les révolutions, mais aussi les grands progrès sociaux. Les changements réactifs se font lorsque les problèmes sont vraiment graves.
Quelques notes montrent des idées qui n’ont pas portées à de grandes discussions, mais n’étaient pas forcément consensuelles :
- - Mettre de l’avant un système de performance ou de responsabilité des élus. Que le bureau de compté soit aussi un lieu d’expression des citoyens pour permettre un suivi par les citoyens.
- - Le bénévolat, est-il une participation citoyenne? Ce n’est pas au niveau de la prise de décision.
Question ouverte (finale)
M. Béland :Quand on a des droits, ça donne des pouvoirs et on assume une responsabilité. Il faut que le pouvoir soit réel pour que les personnes souhaitent exercer leur droit.
On a le droit de voter, mais lorsqu’on a l’impression que ça change rien, on ne vote pas. Aux dernières élections, les personnes ne voulaient pas d’élections, il y a un très faible taux de participation, mais au référendum, il y a eu 95% des gens qui n’ont pas voté.
Présentation en pléniaire » :
Métaphore de la participation citoyenne
Le tabouret est notre métaphore. Le but est d’arriver à une participation citoyenne;
Les pattes du tabouret sont les droits réels : : pouvoir, droits, responsabilisation/devoirs ;
Le siège et le dossier sont l’éducation citoyenne et l’information sur nos institutions.
Nous mettons le tabouret sur roulette, c’est la mobilisation, le pouvoir de changer les choses.
Le nom du tabouret est l’état de siège.