Un vox-Pop a été réalisé dans la circonscription électorale de Sainte-Marie-Saint-Jacques, plus précisément auprès de 5 professeur/étudiants de l’UQAM. Il est à noter que les noms inscrits dans le formulaire de participation sont ceux des personnes ayant réalisées le vox pop et non ceux qui y ont participé. Le texte qui suit représente le point de vue sur la démocratie au Québec et les institutions politiques des participants dont l'identité nous est inconnue.
Premièrement, il faut souligner un thème récurrent chez les interviewés : celui du cynisme des électeurs. En effet, le cynisme et la perte de confiance devant les partis politiques sont les premières raisons évoquées pour expliquer les faibles taux de participation aux élections. C’est le phénomène « du pareil au même après chaque élection» qui garde le citoyen loin des urnes. Le manque d’intérêt des électeurs est une autre raison qui expliquerait les faibles taux de participation. En effet, il n’y a pas d’enjeu(x) majeur(s) qui mobilise les Québécois – des enjeux pour lesquels les électeurs se passionneraient. Pourtant, le thème de l’écologie/environnement a un potentiel mobilisateur important en ce moment.
Finalement, le manque d’éducation politique et l’esprit critique peu développé des électeurs expliqueraient également la faible popularité de la politique au Québec.
Le désintérêt et le cynisme de l’électeur l’auraient conduit à se déresponsabiliser en matière de citoyenneté (le parallèle avec la déresponsabilisation de l’État est assurément un sujet appelant une plus grande réflexion.)
Malgré le constat énoncé plus haut, les participants ont confiance que les Québécois (incluant les jeunes) croient encore en la politique et la démocratie. Seulement, leurs intérêts ne sont pas représentés et les politiciens ne respectent pas leurs promesses. A ce sujet, notons qu’un des interviewés a dit ne pas avoir voté aux dernières élections et que cette décision se voulait un geste politique. Avoir voté n’aurait fait qu’encourager un système qui maintient en place des partis au pouvoir – ceux-là même qui ont contribué au développement de l’attitude cynique chez les électeurs. Par ailleurs, le système ne permet pas une représentation proportionnelle, ce que les interviewés ont identifié comme un boulet à l’avancement de la démocratie au Québec.
Les institutions politiques ne souffrent pas seulement d’un déficit de représentativité mais également de la faible relation qu’entretiennent les élus avec les citoyens (quoique cette opinion ne fasse pas l’unanimité – en effet une participante préférerait avoir un plus grand accès aux fonctionnaires, qui restent en poste pour des longues périodes alors que les politiciens eux ne sont que de passage). L’accès aux élus ne peut se faire par les médias dans le contexte actuel. En effet, les médias, qui font l’objet d’une forte concentration au Québec, « nous servent toujours la même salade ». La diffusion du message populiste est facile et vendeuse : le citoyen ayant une faible compréhension de la politique est victime du message véhiculé par les médias et le garde dans l’ignorance – un dangereux cercle vicieux.